
Le 24 mars, un sénateur américain a annoncé que les acteurs du secteur des cryptomonnaies et du secteur bancaire avaient conclu un « accord de principe » sur le cœur du projet de loi CLARITY, ce qui a permis de lever les principaux obstacles à la progression de la législation. Selon le cadre de l’accord, les détenteurs de stablecoins ne pourront pas obtenir de revenus passifs sous forme d’intérêts simplement en détenant leurs tokens ; en revanche, les activités dérivées de comportements réels tels que les paiements, les interactions avec la finance décentralisée (DeFi) et l’utilisation de plateformes, sous forme de récompenses actives, seront autorisées à être conservées.
Le dernier projet de loi CLARITY établit une distinction claire concernant le mécanisme de rendement des stablecoins :
Interdictions : tout revenu passif généré uniquement par la détention de stablecoins, ainsi que tout mécanisme conçu pour produire des intérêts économiquement équivalents à des intérêts bancaires, sont interdits.
Permissifs : les récompenses liées à des activités telles que les paiements, les transferts, l’interaction avec des plateformes DeFi, les abonnements ou la participation à des transactions peuvent être conservées, à condition que ces récompenses soient issues de comportements d’utilisation réels et non simplement de la détention de fonds.
Ce cadre répond directement aux préoccupations principales du secteur bancaire traditionnel — empêcher que les stablecoins générant des intérêts ne provoquent un transfert massif de dépôts — tout en laissant aux plateformes de cryptomonnaies la possibilité d’attirer des utilisateurs via des scénarios d’utilisation innovants, créant ainsi un équilibre d’intérêts relatif entre les deux parties.
Ce compromis permet à chaque partie de faire des gains sur ses sujets sensibles. La principale préoccupation du secteur bancaire — que les stablecoins deviennent un outil d’épargne à haut rendement déguisé — a reçu une réponse positive dans le cadre réglementaire, avec l’interdiction des revenus passifs, protégeant ainsi la position concurrentielle des dépôts traditionnels.
Du côté des plateformes de cryptomonnaies, la possibilité de conserver des mécanismes de récompenses actives signifie qu’il reste possible de concevoir et d’utiliser des incitations liées à des scénarios d’utilisation, maintenant ainsi la fidélité des utilisateurs. Cependant, la conformité des protocoles DeFi, qui dépendent de modèles de revenus, à la définition d’« active » reste incertaine, ce qui impose aux plateformes concernées de se préparer à une restructuration réglementaire importante.
Bien que l’accord de principe ait été atteint, ce compromis ne marque pas la fin des divergences, mais les transfère vers une question centrale suivante : la norme selon laquelle les autorités réglementaires reconnaîtront une « activité légitime ».
Le terme clé dans le projet de loi, « économiquement équivalent à des intérêts », est large. Les experts juridiques s’attendent généralement à ce que cette expression devienne le principal point de friction lors des futurs débats réglementaires. Si la norme est trop restrictive, les programmes de récompenses actuels devront être massivement ajustés ; si elle est trop large, des failles réglementaires pourraient apparaître. La SEC, la CFTC et le Département du Trésor prévoient de publier des directives dans l’année, mais, jusqu’à leur publication, les limites de conformité pour les mécanismes de rendement des stablecoins resteront floues, et l’industrie continuera à soumettre ses commentaires sur les clauses spécifiques.
Selon le cadre actuel, les récompenses liées aux paiements, transferts, interactions avec des plateformes DeFi, abonnements et transactions pourraient être conformes. La définition précise sera publiée conjointement par la SEC, la CFTC et le Département du Trésor dans l’année suivant l’adoption de la loi. Aucun standard officiel n’est encore en place.
Les protocoles DeFi de prêt dépendent de modèles de revenus fournis par des fournisseurs de liquidités. Si les autorités réglementaires considèrent ces revenus comme « revenus passifs équivalents à des intérêts », ces plateformes devront effectuer d’importants ajustements opérationnels. L’impact précis ne pourra être évalué qu’après la publication des règles détaillées.
Le projet de loi est prévu d’être soumis au comité bancaire du Sénat d’ici la fin avril 2026. Après son approbation, il devra suivre tout le processus législatif complet, comprenant un vote en séance plénière et une harmonisation avec la version de la Chambre des représentants. Avant son adoption officielle, les mesures restrictives ne seront pas juridiquement contraignantes.