
Un membre du directoire de la Banque centrale européenne, Piero Cipollone, a déclaré le 2 avril 2026 que le projet de l’euro numérique affichait un « bon élan », avec un lancement possible d’ici juillet 2029. Il a exprimé sa confiance dans l’existence d’un consensus suffisant pour que le projet avance, et a indiqué qu’il ne prévoyait aucun obstacle majeur.
Cipollone a noté que les banques montrent un intérêt accru pour participer à la phase pilote, que la BCE prévoit de lancer au second semestre 2027, alors que les responsables européens cherchent à réduire leur dépendance à des systèmes de paiement non européens, y compris Visa, Mastercard et des stablecoins adossés au dollar.
Cipollone a déclaré à Latvian TV le 2 avril que si une législation est en place d’ici la fin de 2026, la BCE émettra l’euro numérique d’ici juillet 2029. La BCE prévoit de lancer une phase pilote de 12 mois au second semestre 2027. Les États membres ont convenu d’une position commune sur la proposition de la Commission européenne de 2023 en décembre 2025, et le Parlement européen finalise ses positions après avoir voté en février pour des versions en ligne et hors ligne de la monnaie unique numérique. Une fois cela fait, les négociations entre les deux co-législateurs pourront commencer.
Cipollone a exprimé l’attente que le projet respecte le calendrier, affirmant qu’il constate un bon élan dans la partie législative et que les banques se montrent plus intéressées par la participation. L’euro numérique fonctionnerait comme un moyen de paiement numérique souverain disponible à la fois en ligne et hors ligne, garantissant la continuité et la confidentialité.
Cipollone a averti que la dépendance à l’infrastructure de paiement non européenne expose les utilisateurs à un retrait pur et simple de l’accès. À l’heure actuelle, deux tiers des transactions par carte dans la zone euro sont régies par des règles d’entreprises basées en dehors de l’Europe, et les systèmes internationaux de cartes peuvent fixer des frais, des normes techniques et des procédures de résolution des litiges pour des centaines de millions de transactions européennes chaque jour.
Treize des 21 pays de la zone euro, dont la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie, dépendent entièrement de systèmes internationaux de cartes pour les paiements en magasin, et il n’existe actuellement aucune solution numérique de paiement paneuropéenne régie en Europe qui couvre l’ensemble de la zone euro. Les frais facturés aux commerçants pour les paiements par carte dans l’UE ont presque doublé entre 2018 et 2022 malgré les tentatives de les limiter, et les petits commerçants se voient facturer des frais trois à quatre fois plus élevés que ceux payés par les grandes entreprises.
Des responsables publics, dont la présidente de la BCE Christine Lagarde, ont à plusieurs reprises exprimé leurs inquiétudes concernant la dépendance de l’Europe à des sociétés américaines de paiement ainsi qu’aux stablecoins adossés au dollar. Cipollone a rattaché la proposition d’euro numérique à une stratégie plus large incluant la tokenisation de la monnaie de banque centrale et des technologies de registre distribué afin de renforcer l’intégration financière et de prévenir la fragmentation.
Cipollone a décrit le projet d’euro numérique comme une forme numérique de monnaie fiduciaire, qui serait un instrument de paiement ayant cours légal dans toute la zone euro et utilisable à la fois en ligne et hors ligne, y compris en l’absence de connexion réseau. Les paiements en euro numérique hors ligne offriraient des niveaux de confidentialité comparables à ceux du cash, les détails de transaction étant connus uniquement du payeur et du bénéficiaire, tandis que le Système européen de banques centrales ne pourrait pas identifier les utilisateurs.
La BCE ne facturerait pas de frais de schéma ni de frais de traitement pour les transactions en euro numérique, ce qui pourrait réduire les coûts pour les commerçants et les consommateurs. L’euro numérique réduirait la dépendance aux fournisseurs étrangers, abaisserait les coûts de transaction et créerait une infrastructure unifiée soutenant la concurrence et l’innovation dans l’ensemble des systèmes de paiement de l’UE.
Cipollone relie la proposition à un basculement vers les achats en ligne et un éloignement du cash. L’e-commerce représente désormais plus d’un tiers des ventes de détail en valeur, tandis que l’usage du cash dans la zone euro est passé de 68 % des transactions du quotidien en 2019 à 40 % en 2025, et de 40 % à 24 % en valeur sur la même période. La baisse de l’utilisation du cash intensifie la dépendance à des systèmes numériques en dehors du contrôle européen, soulignant l’urgence d’une solution de paiement numérique souveraine.
Les prochaines étapes consistent pour les législateurs de l’UE à finaliser le processus juridique pour l’euro numérique, tandis que le Système européen de banques centrales prépare la phase pilote et le travail technique nécessaires à l’émission.
Quand l’euro numérique pourrait-il être lancé ?
Un membre du directoire de la BCE, Piero Cipollone, a déclaré que si une législation est en place d’ici la fin de 2026, l’euro numérique pourrait être émis d’ici juillet 2029. La BCE prévoit de lancer une phase pilote de 12 mois au second semestre 2027.
Pourquoi la BCE estime-t-elle qu’un euro numérique est nécessaire ?
La BCE cite une forte dépendance à des systèmes de paiement non européens : deux tiers des transactions par carte dans la zone euro sont régies par des entreprises non européennes. Les frais facturés aux commerçants ont presque doublé, et il n’existe aucune solution numérique de paiement paneuropéenne. L’euro numérique fournirait une alternative souveraine, réduirait la dépendance et abaisserait les coûts de transaction.
Quelles fonctionnalités de confidentialité l’euro numérique offrirait-il ?
Les paiements en euro numérique hors ligne offriraient des niveaux de confidentialité comparables à ceux du cash, les détails de transaction n’étant connus que du payeur et du bénéficiaire. Le Système européen de banques centrales ne pourrait pas identifier les utilisateurs pour les transactions hors ligne, garantissant un niveau de confidentialité comparable à celui de la monnaie fiduciaire.