Guide d'investissement en bourses européennes : Où se trouve le potentiel ?

Le marché boursier européen : un réseau décentralisé d’opportunités

Lorsque nous parlons de bourses en Europe, nous ne faisons pas référence à une seule entité, mais à un ensemble interconnecté de places boursières qui opèrent sous leurs propres réglementations. Les principaux centres de négociation incluent la Bourse de Londres, Euronext, Francfort et SIX en Suisse. Ce système décentralisé, bien que complexe à suivre pour les investisseurs particuliers, offre une diversification naturelle que peu de marchés peuvent égaler.

L’activité combinée de ces places permet d’acheter et de vendre des actions d’entreprises multinationales cotant sur différents marchés de capitaux, notamment dans l’Union européenne. La caractéristique distinctive est précisément celle-ci : ce n’est pas un marché unique, mais un réseau qui reflète les dynamiques économiques de plusieurs pays et secteurs.

Qu’est-ce qui anime actuellement les marchés actions européens ?

La direction des prix sur les bourses en Europe est déterminée par des facteurs macroéconomiques spécifiques. Tout d’abord, la trajectoire de croissance économique dans la zone euro reste incertaine. La politique monétaire de la Banque centrale européenne, les cycles politiques nationaux et l’exposition aux marchés mondiaux — en particulier avec la Chine — exercent constamment des pressions sur les valorisations.

Trois dynamiques clés qui définissent le contexte actuel

Désinflation en cours, mais avec prudence

Les taux d’intérêt élevés ont réduit de manière soutenue les niveaux d’inflation en Europe de l’Ouest. Cependant, selon les données de Deutsche Bank, bien que la pression inflationniste ait diminué, les taux restent suffisamment élevés pour que les banques centrales maintiennent des taux restrictifs plus longtemps. Cette persistance de taux élevés profite au secteur financier, mais exerce une pression négative sur les entreprises de croissance, notamment dans la technologie.

Faiblesse économique visible dans les indicateurs d’activité

Les indices PMI (Purchasing Managers’ Index) de la fabrication et des services dans la zone euro et au Royaume-Uni restent en dessous de 50, signe clair de contraction. Cette faiblesse trouve ses origines dans la complexité de la période post-Covid et l’instabilité géopolitique liée à l’invasion de l’Ukraine. La question centrale est de savoir si l’Europe connaîtra un « atterrissage en douceur » ou si elle risque une récession plus profonde.

Marché du travail résilient soutenant la consommation

Malgré la pression des taux élevés, le taux de chômage dans la zone euro a atteint 6,4 % en été — un niveau historiquement bas —. Parallèlement, les salaires croissent à un rythme de 4,6 % par an, dépassant l’inflation en euros. Cette dynamique, plus marquée en Europe qu’aux États-Unis en raison de la forte présence syndicale, devrait offrir une certaine résilience à la dépense de consommation.

Les indices clés pour suivre les bourses en Europe

Pour les investisseurs souhaitant opérer sans le stress de suivre des centaines d’entreprises individuelles, les indices boursiers sont des instruments fondamentaux. Chacun représente la performance agrégée des principales valeurs, généralement pondérée par la capitalisation boursière.

DAX 40 : Le pouls de l’économie allemande

Cet indice est la référence du marché boursier de Francfort et regroupe les 40 entreprises les plus grandes et liquides d’Allemagne. Des sociétés comme Adidas, Siemens, Volkswagen, Deutsche Bank et Mercedes Benz en font partie. Le DAX 40 est largement surveillé car l’Allemagne représente l’économie la plus robuste d’Europe. Sa performance en 2023 a été de 6,82 %, se classant en deuxième position parmi les principaux indices européens.

FTSE 100 : L’indice britannique sous pression

Composé de 100 entreprises de plus grande capitalisation à la Bourse de Londres, il représente environ 80 % de la valeur totale du marché de la LSE. Il inclut des noms comme AstraZeneca, Unilever, Vodafone, BP et Rio Tinto. Cependant, en 2023, il a connu la pire performance avec une baisse de -1,27 %, reflétant les difficultés économiques du Royaume-Uni et son exposition aux fluctuations monétaires.

Euro Stoxx 50 : Diversification paneuropéenne

Conçu par STOXX (filiale du Deutsche Börse Group), cet indice suit les 50 plus grandes entreprises de la zone euro, couvrant 11 pays et plusieurs secteurs : banque, énergie, technologie et consommation. Ses composants principaux incluent Airbus, LVMH, TotalEnergies, ASML et Santander. Il a enregistré un rendement de 6,45 % en 2023, servant de référence pour la santé économique de la zone euro.

IBEX 35 : La meilleure performance européenne

L’indice de référence de l’Espagne reflète les 35 entreprises les plus liquides de l’Indice Général de la Bourse de Madrid (BME). Avec des entreprises comme BBVA, Inditex, ArcelorMittal, Iberdrola et Repsol, il a obtenu un rendement de 9,72 % en 2023, se rapprochant du S&P 500 américain (9,82%) et en tête parmi les indices européens principaux.

CAC 40 : L’indicateur français

Composé des 40 actions de plus grande capitalisation parmi les 100 plus importantes d’Euronext Paris, il inclut des entreprises comme Alstom, BNP Paribas, L’Oréal, Renault et Stellantis. Sa rentabilité en 2023 a été de 5,29 %, modérée mais positive, fonctionnant comme un indice de flottation libre pondéré par la capitalisation.

La transformation silencieuse des marchés boursiers européens

L’Europe est restée injustement dans l’ombre pendant que le marché américain capturait l’attention mondiale. Cependant, une analyse détaillée de Lazard Asset Management révèle un changement structurel profond dans la composition des bourses en Europe.

Redistribution sectorielle : La croissance de nouvelles zones

Entre 2010 et 2023, la structure sectorielle des marchés européens a connu des transformations significatives. Le secteur industriel est passé de 11,3 % à 15,0 %. La santé a augmenté de 9,7 % à 16,1 %. La consommation discrétionnaire a progressé de 8,9 % à 11,3 %. Mais le changement le plus notable concerne les technologies de l’information : de seulement 2,9 % à 6,7 %.

Ces changements se sont faits au détriment des secteurs traditionnels : la finance est passée de 21,1 % à 17,5 %, les matériaux de 11,0 % à 6,9 %, l’énergie de 10,9 % à 6,0 %, et les services de communication de 6,5 % à 3,1 %. Bien que ces changements ne se produisent pas du jour au lendemain, ils illustrent une reconfiguration claire et délibérée.

Pourquoi l’Europe est plus équilibrée que les États-Unis

La comparaison entre les bourses en Europe et le marché américain révèle une vérité inconfortable pour ceux qui rejettent le vieux continent : elle possède une composition sectorielle nettement plus diversifiée.

Aux États-Unis, le secteur technologique concentre près de 30 % de la capitalisation. En Europe, bien qu’en croissance depuis 2010, il n’atteint que 6,7 %. Cela signifie qu’une crise sectorielle impactera beaucoup plus profondément Wall Street que les places européennes. Pour un investisseur recherchant une performance stable, cette diversification est idéale : aucun secteur ne détient un poids démesuré, permettant d’obtenir des rendements plus cohérents via des indices.

Les entreprises européennes se sont radicalement mondialisées

Un changement fondamental que peu mentionnent : la source de revenus des entreprises cotant en bourses en Europe s’est massivement déplacée vers l’extérieur. En 2012, 61 % des revenus provenaient du marché européen. En 2023, cette proportion a diminué à 42 %. Les 58 % restants proviennent d’autres continents.

Les marchés les plus importants sont l’Amérique du Nord (26%) et les marchés émergents, notamment l’Amérique latine et l’Afrique (25%). Cela transforme les entreprises européennes en acteurs globaux, exposés à des dynamiques internationales, et non en simples acteurs locaux.

Valorisations attractives après la correction

Environ 7 des 10 principaux secteurs composant les bourses en Europe présentaient, en septembre 2023, des ratios P/E (Prix/Bénéfice par Action) inférieurs à leur moyenne sur 10 ans. Cela signifie que les services de communication, la consommation discrétionnaire, les produits de consommation de base, l’énergie, la finance, les matériaux et les services de base se négocient à des prix relativement déprimés.

Cette dévalorisation reflète le ralentissement économique européen actuel et pourrait s’inverser lorsque la région achèvera son cycle d’ajustement des taux d’intérêt, notamment si un atterrissage en douceur de l’économie se produit.

La performance récente et les perspectives des bourses en Europe

L’année 2023 a montré une reprise après des pressions géopolitiques et économiques précédentes :

  • IBEX 35 : 9,72 % (meilleur rendement européen, quasiment en ligne avec le S&P 500)
  • DAX 40 : 6,82 % (deuxième position)
  • Euro Stoxx 50 : 6,45 % (troisième position)
  • CAC 40 : 5,29 % (quatrième position)
  • FTSE 100 : -1,27 % (en retrait en raison de la faiblesse britannique)

Cependant, depuis fin juillet, tous les indices ont affiché une trajectoire négative, s’accentuant en octobre avec la montée du conflit au Moyen-Orient. Les risques géopolitiques pour l’Europe sont importants : la guerre en Ukraine se poursuit, l’instabilité au Moyen-Orient menace les marchés pétroliers, et la position économique demeure fragile.

La peine d’investir dans les bourses en Europe maintenant ?

La réponse dépend de votre profil de risque, mais les données suggèrent des opportunités réelles :

  1. Inflation en baisse mais persistante : Les taux d’intérêt resteront probablement élevés jusqu’à la mi ou la fin de 2024, mais la pression désinflationniste continue. Cela favorisera éventuellement les valorisations de croissance.

  2. Diversification supérieure : Contrairement aux États-Unis, aucun secteur ne domine de façon démesurée. Cela offre une protection contre les chocs sectoriels.

  3. Entreprises mondiales à prix locaux faibles : Les sociétés européennes cotant en bourses en Europe génèrent plus de 50 % de leurs revenus hors du continent, mais leurs valorisations ne reflètent pas cette portée mondiale.

  4. Marché du travail résilient : L’emploi reste solide et les salaires dépassent l’inflation, ce qui devrait soutenir la consommation privée même en cas de ralentissement économique.

Comme le souligne l’analyse de Lazard Asset Management : la décote de valorisation de l’Europe par rapport aux marchés mondiaux, notamment aux États-Unis, devrait diminuer, et non s’accentuer. Les investisseurs ayant écarté les bourses en Europe en se basant sur des perceptions anciennes pourraient passer à côté d’une région en pleine transformation, avec des valorisations attractives et des fondamentaux plus solides que ce que laissent penser les titres.

La prochaine phase du cycle économique mondial pourrait réserver des surprises favorables à ceux qui reconnaissent le potentiel dormant des marchés actions européens.

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