Analyse des pays avec la plus forte inflation mondiale et du phénomène de dépréciation de leur monnaie

Introduction

Dans le système économique mondial, certains pays traversent une grave crise de dépréciation monétaire. La cause principale de cette situation réside dans une inflation élevée, une instabilité politique, une structure économique monolithique et des sanctions internationales, dont l’effet combiné aggrave la dévaluation. Cet article analysera les causes économiques profondes derrière les monnaies les moins chères au monde, afin d’aider les lecteurs à comprendre le lien intrinsèque entre le risque économique national et la politique monétaire.

Classement des monnaies les moins chères au monde

Voici le classement des 10 monnaies les moins chères par rapport au dollar américain, basé sur les taux de change actuels :

Rang Nom de la monnaie Pays Taux de change actuel
1 Livre libanaise(LBP) Liban 89 751,22 LBP/USD
2 Rial iranien(IRR) Iran 42 112,50 IRR/USD
3 Dong vietnamien(VND) Vietnam 26 040 VND/USD
4 Kip laotien(LAK) Laos 21 625,82 LAK/USD
5 Roupie indonésienne(IDR) Indonésie 16 275 IDR/USD
6 Sum ouzbek(UZS) Ouzbékistan 12 798,70 UZS/USD
7 Franc guinéen(GNF) Guinée 8 667,50 GNF/USD
8 Guarani paraguayen(PYG) Paraguay 7 996,67 PYG/USD
9 Ariary malgache(MGA) Madagascar 4 467,50 MGA/USD
10 Franc burundais(BIF) Burundi 2 977,00 BIF/USD

Causes fondamentales de la dépréciation monétaire

Boucle inflationniste

Une inflation élevée érode directement le pouvoir d’achat de la monnaie, constituant la cause la plus immédiate de dévaluation. Lorsqu’un pays entre dans une spirale inflationniste, la banque centrale est souvent contrainte d’accroître la masse monétaire, accentuant ainsi la pression à la dépréciation. Ce phénomène est particulièrement marqué dans de nombreux pays en développement.

Déséquilibres structurels économiques

Beaucoup de pays confrontés à la dévaluation dépendent excessivement des exportations de matières premières ou d’une industrie unique. La vulnérabilité de cette structure économique signifie que lorsque les prix mondiaux des matières premières chutent, les revenus en devises étrangères de ces pays s’effondrent rapidement, ne pouvant soutenir la valeur de leur monnaie locale.

Risques politiques et géopolitiques

Les sanctions internationales, l’instabilité politique et les conflits régionaux sapent directement la confiance des investisseurs, entraînant des sorties de capitaux. La réduction des investissements étrangers réduit encore la demande pour la monnaie locale, créant un cercle vicieux.

Épuisement des réserves de change

Lorsque les réserves de change sont insuffisantes, la banque centrale a du mal à intervenir sur le marché pour stabiliser le taux de change. Cela rend la monnaie plus vulnérable aux ventes spéculatives.


Analyse approfondie : Les 10 monnaies les moins chères

Livre libanaise(LBP) — En crise profonde

La livre libanaise, en circulation depuis 1939, a connu une transition dramatique de stabilité à effondrement. Ce pays du Moyen-Orient traverse la crise financière la plus grave de son histoire moderne.

Évolution de la crise :

Depuis 2019, le Liban fait face à une inflation à trois chiffres, une pauvreté massive et un effondrement du système bancaire. En 2020, le pays a fait défaut, et la livre libanaise s’est dépréciée de plus de 90 % sur le marché parallèle. Bien que le taux officiel soit officiellement lié au dollar, en réalité, un système de taux multiples s’est développé.

Situation actuelle :

  • Écart énorme entre le taux officiel et le taux du marché
  • Système financier gravement fracturé, fonds gelés
  • Économie entièrement dépendante des importations, inflation galopante

Rial iranien(IRR) — Collapse monétaire sous sanctions

Le rial iranien apparaît pour la première fois à la fin du XIXe siècle, après plusieurs réformes, en 1932, sous une forme moderne. Mais après la révolution islamique de 1979, l’économie iranienne a connu une transformation radicale.

Causes profondes de la dévaluation :

Les sanctions internationales prolongées ont coupé l’Iran du système financier mondial. Les sanctions américaines contre le secteur pétrolier iranien sont particulièrement destructrices, détruisant la principale source de devises étrangères du pays. Par ailleurs, une mauvaise gestion intérieure maintient une inflation élevée, affaiblissant davantage l’attractivité du rial à l’international.

Difficultés économiques :

  • Exportations pétrolières limitées, revenus en devises en chute
  • Tensions géopolitiques persistantes, incertitude accrue
  • Perte de confiance dans la monnaie locale, tendance à dollariser

Dong vietnamien(VND) — Dévaluation contrôlée, choix stratégique

Le dong vietnamien possède une histoire particulière. Après la division du Vietnam en 1954, le Nord et le Sud ont chacun créé leur propre système monétaire. Après la fin de la guerre, le dong est devenu la seule monnaie légale de l’unification vietnamienne.

Trajectoire d’évolution :

Initialement, le dong a souffert d’une forte inflation, mais depuis les années 2000, le pays a progressivement stabilisé sa monnaie. Contrairement à d’autres monnaies bon marché, la dévaluation du dong est en partie une politique délibérée.

Signification stratégique :

  • Adoption d’un régime de change flottant administré
  • Dévaluation modérée pour renforcer la compétitivité à l’export
  • La balance commerciale excédentaire favorise une monnaie faible, bénéfique pour l’économie nationale

Kip laotien(LAK) — Le coût du retard de développement

Le kip laotien, en circulation depuis 1952, était initialement lié au franc CFA français. Après les réformes économiques des années 1990, il a commencé à fluctuer davantage.

Difficultés de développement :

Le Laos est l’un des pays d’Asie du Sud-Est avec le retard économique le plus marqué. Son économie dépend fortement de l’agriculture et de l’exportation de ressources naturelles, avec un développement industriel et des services limité. Les investissements étrangers sont faibles, et le marché financier peu développé, ce qui pèse sur la valeur internationale du kip.

Défis actuels :

  • Ralentissement de la diversification économique
  • Accès limité au financement international
  • Récupération post-pandémie difficile

Roupie indonésienne(IDR) — Vulnérabilité des marchés émergents

La roupie indonésienne est depuis longtemps parmi les monnaies les moins chères. En tant que monnaie de marché émergent, elle est particulièrement sensible aux risques globaux.

Contexte historique :

La roupie a été liée à la guilder néerlandais, puis a connu plusieurs crises au XXe siècle — hyperinflation, crise financière asiatique de 1997-1998. Malgré une population mondiale importante et une croissance récente, la roupie reste sous pression.

Raisons de la dépréciation continue :

  • Forte dépendance aux matières premières, vulnérable aux fluctuations des prix du pétrole
  • Réserves de change limitées, capacité d’intervention de la banque centrale restreinte
  • Volatilité des flux de capitaux transfrontaliers

Sum ouzbek(UZS) — Transition d’une économie planifiée à une économie de marché

Le sum a été officiellement introduit en juillet 1994, trois ans après l’indépendance de l’Ouzbékistan. Bien que la situation économique se soit améliorée à moyen terme, des problèmes structurels persistent.

Défis de réforme :

L’économie ouzbèke dépend excessivement de l’exportation de coton et de gaz naturel. La gestion stricte du taux de change et la prudence envers les investissements étrangers limitent l’afflux de capitaux. L’inflation élevée et le manque de diversification économique maintiennent le sum en dépréciation continue.

Situation actuelle :

  • Le gouvernement commence à assouplir progressivement le contrôle du taux de change
  • La libéralisation économique progresse lentement mais sûrement
  • La stabilité future dépendra de la profondeur des réformes structurelles

Franc guinéen(GNF) — Manifestation de la malédiction des ressources

Le franc guinéen est en circulation depuis le début des années 1960, après l’indépendance. Malgré l’abondance de ressources minières, le pays est un exemple typique de la « malédiction des ressources ».

Piège de la pauvreté :

La Guinée souffre d’infrastructures faibles, d’une instabilité politique durable et d’une corruption importante. Bien qu’elle possède les plus grandes réserves mondiales de bauxite, l’industrie minière est peu rentable, et la population ne bénéficie que peu des richesses. La diversification économique fait défaut, et l’afflux de capitaux étrangers est limité, empêchant le franc de s’apprécier.

Cycle vicieux :

  • Instabilité politique et économique dissuadent les investisseurs
  • Taux de pauvreté élevé, faible demande intérieure
  • Infrastructures sous-développées freinant le développement économique

Guarani paraguayen(PYG) — Économie fragile en Amérique du Sud

Le guarani possède une longue histoire, remontant au XIXe siècle. Le Paraguay a connu plusieurs crises — de la guerre de 1865-1870 à la crise de la dette des années 1980.

Faiblesses structurelles :

L’économie paraguayenne dépend fortement de l’exportation agricole, notamment du soja. Le déficit commercial chronique limite les réserves de change, ce qui exerce une pression à la dépréciation du guarani. Bien que le secteur agricole (notamment le soja) ait connu une croissance, cela ne suffit pas à changer la faiblesse globale de l’économie.

Facteurs de défi :

  • Petite taille économique, faible compétitivité internationale
  • Endettement croissant
  • Forte concentration des exportations, risque élevé

Ariary malgache(MGA) — Système de comptage unique

L’ariary a remplacé en 2005 le franc malgache, devenant l’une des rares monnaies non décimales. 1 ariary équivaut à 5 iram-bilany.

Vulnérabilité économique :

L’économie malgache dépend fortement de l’agriculture, du tourisme et de l’exportation de ressources naturelles. Bien qu’elle soit relativement stable, elle reste vulnérable aux événements climatiques et à l’incertitude politique. La pauvreté est répandue, et les outils financiers insuffisants pour faire face aux chocs inflationnistes ou aux secousses extérieures.

Pressions continues :

  • Agriculture surreprésentée, sensible aux conditions météorologiques
  • Le secteur touristique dépend des cycles économiques mondiaux
  • Risques politiques intermittents

Franc burundais(BIF) — L’un des pays les plus pauvres au monde

Le franc burundais a été introduit en 1964, en remplacement du franc du Congo belge. Depuis, peu de changements dans le système.

Situation de pauvreté extrême :

Le Burundi est l’un des pays les plus pauvres au monde, avec une économie principalement basée sur l’agriculture de subsistance. Le déficit commercial chronique, la faible activité industrielle, l’insécurité alimentaire généralisée, l’inflation élevée, l’instabilité politique et une dépendance importante à l’aide extérieure rendent l’économie extrêmement fragile.

Facteurs de danger :

  • Parmi les pays les plus pauvres, faibles indicateurs de développement
  • Conflits politiques et instabilité sociale persistants
  • Réserves de change presque inexistantes

Analyse des facteurs de détermination du taux de change

La valeur d’une monnaie est déterminée par plusieurs facteurs interdépendants :

Taux d’intérêt : Des taux d’intérêt élevés attirent généralement les investissements étrangers, augmentant la demande pour la monnaie locale et faisant monter le taux de change. Inversement, des taux faibles ont l’effet contraire.

Inflation et pouvoir d’achat : Les pays à faible inflation voient leur monnaie s’apprécier, tandis qu’une inflation élevée érode la valeur monétaire. C’est un indicateur clé pour la tendance à long terme d’une monnaie.

Compte courant : Un déficit commercial persistant réduit la demande pour la monnaie locale. À l’inverse, un excédent commercial soutient généralement la monnaie.

Cycle économique : La récession entraîne une baisse des taux d’intérêt, des sorties de capitaux et une dépréciation, créant un effet en chaîne.

Stabilité politique : La prime de risque politique influence la valeur de la monnaie. Un pays instable voit sa monnaie se déprécier à long terme.

Conclusion

Les monnaies les plus faibles au monde reflètent les déséquilibres structurels de leur économie, la gestion politique et la réalité géopolitique. La dévaluation de ces monnaies n’est pas un phénomène isolé, mais le symptôme de problèmes économiques profonds. Les pays avec une inflation très élevée sont souvent ceux qui émettent ces monnaies bon marché, établissant une relation quasi inévitable. Comprendre les moteurs économiques derrière ces monnaies est essentiel pour saisir les dynamiques d’un développement mondial inégal.

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