Pourquoi les actions de l’industrie de la défense deviennent-elles une nouvelle tendance ?
La situation mondiale évolue rapidement. La guerre en Ukraine, les conflits au Moyen-Orient se multiplient, et chaque pays réévalue ses capacités de défense. Contrairement aux guerres du passé, qui nécessitaient une mobilisation massive de personnel, la confrontation militaire moderne met de plus en plus l’accent sur la technologie — drones, missiles de précision, guerre de l’information deviennent des clés pour la victoire.
Cela est soutenu par une forte dynamique économique. Selon les données les plus récentes, les dépenses militaires des principales nations mondiales continuent d’augmenter. La Chine, Taïwan, les États-Unis et d’autres régions clés augmentent leurs budgets de défense. De nombreuses entreprises saisissent cette opportunité en fournissant des technologies de défense de pointe, obtenant ainsi des commandes gouvernementales substantielles.
Dans une ère de baisse de la natalité, les pays préfèrent dépenser pour des systèmes d’armes high-tech plutôt que d’augmenter massivement leurs effectifs militaires. Ce changement est une excellente nouvelle pour les fabricants d’armements — cela signifie que les commandes seront longues terme et que le chiffre d’affaires pourra croître de façon stable.
Comment déterminer si une action de l’industrie de la défense vaut la peine d’être investie ?
Toutes les entreprises portant l’étiquette « actions de la défense » ne méritent pas d’être achetées. Avant d’investir, il est essentiel de clarifier deux points :
Premier, quelle est la proportion de revenus militaires ? Certaines entreprises ne décrochent que quelques commandes occasionnelles du ministère de la Défense, avec une part de revenus militaires inférieure à 10 %, se concentrant principalement sur des produits civils. Ces sociétés ne peuvent pas être considérées comme des actions purement militaires, car leur cours dépend davantage du marché civil. Les véritables cibles d’investissement dans la défense devraient être celles dont plus de 40 % des revenus proviennent du secteur militaire.
Deuxièmement, l’entreprise peut-elle s’adapter aux besoins futurs ? Les différentes branches militaires ont des besoins en équipements différents. Si une entreprise dépend excessivement des commandes de l’armée de terre, mais que l’attention mondiale se tourne vers la marine et l’aviation, cela pourrait limiter la croissance future des commandes. Il faut donc vérifier si la société possède une gamme technologique adaptée aux évolutions — par exemple, si elle investit dans les drones, missiles, communications par satellite, etc.
Analyse des leaders américains du secteur de l’armement
Lockheed Martin (LMT) : le choix le plus pur dans la défense
Lockheed Martin est l’un des plus grands fabricants d’armements au monde, avec plus de 80 % de ses revenus issus du secteur militaire. La société se concentre sur les systèmes de missiles, avions de combat, défense spatiale, etc., ses clients principaux étant le Département de la Défense américain et ses alliés.
En termes de performance boursière, la tendance à long terme est à la hausse, les baisses étant principalement dues à des ajustements du marché global plutôt qu’à des problèmes internes. La société possède une barrière à l’entrée solide — les contrats de défense touchent à la sécurité nationale, une fois qu’elle devient fournisseur principal, il est difficile de la remplacer. De plus, ses barrières technologiques sont élevées, rendant l’entrée de nouveaux concurrents difficile. Sur le long terme, Lockheed Martin apparaît comme une option stable.
Raytheon (RTX) : vigilance nécessaire
Raytheon est aussi l’un des cinq grands fabricants américains d’armements, avec une croissance stable de ses commandes militaires. Cependant, ces dernières années, ses performances boursières ont été faibles, principalement en raison de problèmes majeurs dans ses activités civiles.
Concrètement, les pièces de moteur fournies à l’avion Airbus A320neo présentent des défauts de qualité. Ces pièces utilisent un métal en poudre spécial, susceptible de se fracturer sous haute pression. Avec la reprise du secteur aéronautique, les compagnies aériennes achètent massivement de nouveaux avions, et dans les 3 à 4 prochaines années, environ 350 A320neo nécessiteront des réparations, chaque intervention pouvant durer jusqu’à 300 jours. Cela impacte non seulement les revenus civils de Raytheon, mais expose aussi à des poursuites et indemnisations de la part d’Airbus, voire à une perte de clients.
La leçon pour les investisseurs : ne pas se baser uniquement sur la croissance des commandes militaires, mais surveiller la santé globale de l’entreprise. L’impact négatif de ses activités civiles peut faire chuter le cours, annulant les bénéfices liés à la défense. Raytheon doit donc continuer à observer la situation, et n’intervenir qu’après que les problèmes soient clairement résolus.
Northrop Grumman (NOC) : un leader technologique
Northrop Grumman est le quatrième plus grand fabricant d’armements mondial, et le plus grand fabricant de radars. La société se concentre sur la défense, avec plus de 85 % de ses revenus issus du secteur militaire.
Ses avantages sont évidents : elle détient une technologie de pointe, ses principaux clients étant le gouvernement américain. Actuellement, ses collaborations avec le gouvernement américain portent sur la dissuasion stratégique, incluant la défense spatiale, la technologie des missiles, les systèmes de communication, etc. Tant que la géopolitique mondiale reste incertaine, les pays continueront d’augmenter leurs dépenses de défense.
L’entreprise affiche une performance stable, avec 18 années de croissance continue de ses dividendes. Elle accélère aussi son programme de rachat d’actions de 500 millions de dollars cette année, pour récompenser ses actionnaires. En résumé, Northrop Grumman est un fabricant d’armements pur, avec une barrière solide, à privilégier pour un investissement à long terme.
General Dynamics (GD) : un fournisseur de défense à revenus stables
General Dynamics est l’un des cinq principaux fournisseurs américains d’armements, opérant dans la marine, l’armée de l’air et l’armée de terre, et fabriquant aussi des avions privés. La part de ses revenus militaires est d’environ 70 %, celle du civil environ 30 %.
Son avantage unique réside dans la résilience de sa structure de revenus. Le marché des avions civils, bien que sensible aux cycles économiques, sert une clientèle haut de gamme, avec une demande relativement stable. Même lors de la crise financière de 2008 ou de la pandémie de 2020, ses profits n’ont pas chuté de façon significative. Cette stabilité fait de General Dynamics une « vache à lait » dans le secteur de la défense.
Ses dividendes ont augmenté de façon continue depuis 32 ans. Peu d’entreprises aux États-Unis peuvent en dire autant. La société est aussi favorable aux actionnaires, en réalisant fréquemment des rachats d’actions pour préserver leurs intérêts. Bien que sa croissance de revenus soit moins rapide que celle des entreprises purement militaires, sa rentabilité stable et ses dividendes réguliers en font une option idéale pour les investisseurs prudents.
Boeing (BA) : risques civils supérieurs aux opportunités militaires
Boeing est le plus grand constructeur mondial d’avions commerciaux (l’autre étant Airbus en Europe), et aussi l’un des cinq grands fabricants américains d’armements. Parmi ses produits militaires, on trouve le B-52, l’hélicoptère Apache, etc.
Cependant, ces dernières années, le cours de Boeing a fortement chuté, principalement à cause de deux grands revers dans ses activités civiles. D’abord, les accidents du 737 MAX en 2018 et 2019 ont conduit à son interdiction mondiale, puis la pandémie a aggravé la situation, plongeant ses revenus civils. Ensuite, de nouveaux concurrents sont apparus. Après la montée des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, le gouvernement chinois a commencé à soutenir massivement ses propres avions commerciaux, et Commercial Aircraft Corporation of China (COMAC) pourrait progressivement prendre des parts de marché mondiales, ce qui fragilise la position de Boeing.
Malgré la stabilité relative des commandes militaires, l’avenir du marché civil est incertain. Investir dans Boeing nécessite une stratégie d’entrée à bas prix plutôt que d’acheter à tout prix en haut.
Caterpillar (CAT) : une fausse action de défense
Caterpillar porte l’étiquette d’action de défense, mais ses revenus militaires réels sont inférieurs à 30 %, ses principales activités étant la machinerie de construction et les équipements lourds. La société, plutôt qu’un fabricant d’armements, profite surtout des tensions géopolitiques pour la demande en infrastructures.
Des entreprises similaires, qualifiées de « défense large » comme FedEx(FDX), ont aussi participé à la logistique militaire ou aux achats gouvernementaux, mais restent essentiellement des entreprises civiles. Investir dans ces sociétés doit se concentrer sur les dépenses d’infrastructure mondiales et la demande en matières premières, plutôt que sur les commandes militaires.
Opportunités d’investissement dans la défense à Taïwan
La tension géopolitique dans le détroit de Taiwan ne cesse de s’intensifier, avec une augmentation des dépenses militaires des deux côtés ces dernières années. Cela représente une opportunité concrète pour les entreprises taïwanaises du secteur de la défense.
Tadiran (8033.TW) est un exemple représentatif. La société était initialement un fabricant de modèles réduits de drones, dans l’industrie du jouet. Mais avec l’émergence du marché mondial des drones, Tadiran a réussi à se repositionner comme fournisseur de drones militaires. Son action a fortement augmenté en 2022, et avec la croissance continue des besoins militaires de Taiwan et d’autres pays, l’entreprise a encore du potentiel de croissance.
HannStar (2634.TW) a adopté une autre stratégie. La société opère à la fois dans la défense et le civil, produisant principalement des avions d’entraînement et des pièces détachées pour la défense, ainsi que des services de maintenance et de vente de pièces pour le civil. Contrairement à Raytheon ou Boeing, qui sont dépendants d’un seul produit, HannStar diversifie ses activités, ce qui réduit le risque. Tant que l’industrie aéronautique reste prospère, le marché de la maintenance et des pièces continuera de générer des commandes et des profits. Son cours est également relativement stable, ce qui en fait une option à suivre à moyen et long terme.
Pourquoi investir dans les actions de défense ?
Selon la logique d’investissement de Warren Buffett, une bonne cible doit avoir trois caractéristiques : une longue piste, une barrière profonde, et une boule de neige suffisamment humide. Les actions de la défense répondent justement à ces trois critères.
Une industrie à très long terme : depuis toujours, les conflits n’ont jamais cessé dans l’histoire humaine. La demande en sécurité nationale est infinie. Les forces armées ont besoin d’équipements de façon durable et stable, sans disparaître lors d’une récession.
Une barrière profonde : l’industrie de la défense concerne la sécurité nationale, avec des barrières à l’entrée très élevées et une forte technicité. La confiance entre le gouvernement et ses fournisseurs se construit sur plusieurs années, et une fois établie, il est difficile de changer. Beaucoup de technologies sont protégées par des brevets nationaux, ce qui limite la concurrence. Cela confère aux leaders une position quasi monopolistique.
Une dynamique de croissance continue : la tendance mondiale est à la régionalisation, avec une augmentation des conflits locaux. Les dépenses militaires augmentent partout. La politique de « retour de la fabrication aux États-Unis » sous Trump a accéléré cette tendance, et la mondialisation recule. La course à l’armement régional devient la norme. La baisse des actions de défense est principalement due à l’attente d’un désarmement, mais cette possibilité est très faible actuellement, ce qui garantit leur potentiel de croissance.
Risques liés à l’investissement dans la défense
Les actions de la défense ne sont pas sans risques. Le piège classique est d’acheter de « fausses actions de défense » — des entreprises avec une faible part de revenus militaires, dont l’activité civile est en déclin. Cela peut annuler les bénéfices de la défense, voire faire chuter le cours.
Avant d’investir, il faut examiner :
Quelle est la part de revenus militaires de l’entreprise ?
L’activité civile est-elle exposée à des risques de marché ou de réglementation ?
L’entreprise est-elle impliquée dans des litiges ou des problèmes financiers ?
La direction technologique est-elle alignée avec les besoins futurs en défense ?
Seules les entreprises avec une forte part de revenus militaires, une technologie de pointe, et une activité civile stable méritent d’être considérées comme de véritables opportunités dans la défense.
Conclusion
Les actions de la défense ont une demande de marché stable et en croissance, mais il faut faire preuve de prudence dans le choix des cibles. Comprendre la part réelle de revenus militaires, surveiller l’état de l’activité civile, et évaluer la compétitivité technologique sont essentiels pour prendre de bonnes décisions.
La bonne nouvelle, c’est que les entreprises de défense ont rarement des faillites — leurs principaux clients étant le gouvernement, la relation de confiance est solide, et il est peu probable qu’un fournisseur clé disparaisse. Par conséquent, ces actions disposent souvent d’une barrière profonde, idéales pour un investissement à long terme. En combinant l’analyse de leur situation financière, des tendances sectorielles, des enjeux géopolitiques et du marché civil, on peut repérer de véritables pépites dans la défense.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Guide de placement dans les actions des fabricants d'armes mondiaux : analyser les opportunités d'investissement à travers la géopolitique
Pourquoi les actions de l’industrie de la défense deviennent-elles une nouvelle tendance ?
La situation mondiale évolue rapidement. La guerre en Ukraine, les conflits au Moyen-Orient se multiplient, et chaque pays réévalue ses capacités de défense. Contrairement aux guerres du passé, qui nécessitaient une mobilisation massive de personnel, la confrontation militaire moderne met de plus en plus l’accent sur la technologie — drones, missiles de précision, guerre de l’information deviennent des clés pour la victoire.
Cela est soutenu par une forte dynamique économique. Selon les données les plus récentes, les dépenses militaires des principales nations mondiales continuent d’augmenter. La Chine, Taïwan, les États-Unis et d’autres régions clés augmentent leurs budgets de défense. De nombreuses entreprises saisissent cette opportunité en fournissant des technologies de défense de pointe, obtenant ainsi des commandes gouvernementales substantielles.
Dans une ère de baisse de la natalité, les pays préfèrent dépenser pour des systèmes d’armes high-tech plutôt que d’augmenter massivement leurs effectifs militaires. Ce changement est une excellente nouvelle pour les fabricants d’armements — cela signifie que les commandes seront longues terme et que le chiffre d’affaires pourra croître de façon stable.
Comment déterminer si une action de l’industrie de la défense vaut la peine d’être investie ?
Toutes les entreprises portant l’étiquette « actions de la défense » ne méritent pas d’être achetées. Avant d’investir, il est essentiel de clarifier deux points :
Premier, quelle est la proportion de revenus militaires ? Certaines entreprises ne décrochent que quelques commandes occasionnelles du ministère de la Défense, avec une part de revenus militaires inférieure à 10 %, se concentrant principalement sur des produits civils. Ces sociétés ne peuvent pas être considérées comme des actions purement militaires, car leur cours dépend davantage du marché civil. Les véritables cibles d’investissement dans la défense devraient être celles dont plus de 40 % des revenus proviennent du secteur militaire.
Deuxièmement, l’entreprise peut-elle s’adapter aux besoins futurs ? Les différentes branches militaires ont des besoins en équipements différents. Si une entreprise dépend excessivement des commandes de l’armée de terre, mais que l’attention mondiale se tourne vers la marine et l’aviation, cela pourrait limiter la croissance future des commandes. Il faut donc vérifier si la société possède une gamme technologique adaptée aux évolutions — par exemple, si elle investit dans les drones, missiles, communications par satellite, etc.
Analyse des leaders américains du secteur de l’armement
Lockheed Martin (LMT) : le choix le plus pur dans la défense
Lockheed Martin est l’un des plus grands fabricants d’armements au monde, avec plus de 80 % de ses revenus issus du secteur militaire. La société se concentre sur les systèmes de missiles, avions de combat, défense spatiale, etc., ses clients principaux étant le Département de la Défense américain et ses alliés.
En termes de performance boursière, la tendance à long terme est à la hausse, les baisses étant principalement dues à des ajustements du marché global plutôt qu’à des problèmes internes. La société possède une barrière à l’entrée solide — les contrats de défense touchent à la sécurité nationale, une fois qu’elle devient fournisseur principal, il est difficile de la remplacer. De plus, ses barrières technologiques sont élevées, rendant l’entrée de nouveaux concurrents difficile. Sur le long terme, Lockheed Martin apparaît comme une option stable.
Raytheon (RTX) : vigilance nécessaire
Raytheon est aussi l’un des cinq grands fabricants américains d’armements, avec une croissance stable de ses commandes militaires. Cependant, ces dernières années, ses performances boursières ont été faibles, principalement en raison de problèmes majeurs dans ses activités civiles.
Concrètement, les pièces de moteur fournies à l’avion Airbus A320neo présentent des défauts de qualité. Ces pièces utilisent un métal en poudre spécial, susceptible de se fracturer sous haute pression. Avec la reprise du secteur aéronautique, les compagnies aériennes achètent massivement de nouveaux avions, et dans les 3 à 4 prochaines années, environ 350 A320neo nécessiteront des réparations, chaque intervention pouvant durer jusqu’à 300 jours. Cela impacte non seulement les revenus civils de Raytheon, mais expose aussi à des poursuites et indemnisations de la part d’Airbus, voire à une perte de clients.
La leçon pour les investisseurs : ne pas se baser uniquement sur la croissance des commandes militaires, mais surveiller la santé globale de l’entreprise. L’impact négatif de ses activités civiles peut faire chuter le cours, annulant les bénéfices liés à la défense. Raytheon doit donc continuer à observer la situation, et n’intervenir qu’après que les problèmes soient clairement résolus.
Northrop Grumman (NOC) : un leader technologique
Northrop Grumman est le quatrième plus grand fabricant d’armements mondial, et le plus grand fabricant de radars. La société se concentre sur la défense, avec plus de 85 % de ses revenus issus du secteur militaire.
Ses avantages sont évidents : elle détient une technologie de pointe, ses principaux clients étant le gouvernement américain. Actuellement, ses collaborations avec le gouvernement américain portent sur la dissuasion stratégique, incluant la défense spatiale, la technologie des missiles, les systèmes de communication, etc. Tant que la géopolitique mondiale reste incertaine, les pays continueront d’augmenter leurs dépenses de défense.
L’entreprise affiche une performance stable, avec 18 années de croissance continue de ses dividendes. Elle accélère aussi son programme de rachat d’actions de 500 millions de dollars cette année, pour récompenser ses actionnaires. En résumé, Northrop Grumman est un fabricant d’armements pur, avec une barrière solide, à privilégier pour un investissement à long terme.
General Dynamics (GD) : un fournisseur de défense à revenus stables
General Dynamics est l’un des cinq principaux fournisseurs américains d’armements, opérant dans la marine, l’armée de l’air et l’armée de terre, et fabriquant aussi des avions privés. La part de ses revenus militaires est d’environ 70 %, celle du civil environ 30 %.
Son avantage unique réside dans la résilience de sa structure de revenus. Le marché des avions civils, bien que sensible aux cycles économiques, sert une clientèle haut de gamme, avec une demande relativement stable. Même lors de la crise financière de 2008 ou de la pandémie de 2020, ses profits n’ont pas chuté de façon significative. Cette stabilité fait de General Dynamics une « vache à lait » dans le secteur de la défense.
Ses dividendes ont augmenté de façon continue depuis 32 ans. Peu d’entreprises aux États-Unis peuvent en dire autant. La société est aussi favorable aux actionnaires, en réalisant fréquemment des rachats d’actions pour préserver leurs intérêts. Bien que sa croissance de revenus soit moins rapide que celle des entreprises purement militaires, sa rentabilité stable et ses dividendes réguliers en font une option idéale pour les investisseurs prudents.
Boeing (BA) : risques civils supérieurs aux opportunités militaires
Boeing est le plus grand constructeur mondial d’avions commerciaux (l’autre étant Airbus en Europe), et aussi l’un des cinq grands fabricants américains d’armements. Parmi ses produits militaires, on trouve le B-52, l’hélicoptère Apache, etc.
Cependant, ces dernières années, le cours de Boeing a fortement chuté, principalement à cause de deux grands revers dans ses activités civiles. D’abord, les accidents du 737 MAX en 2018 et 2019 ont conduit à son interdiction mondiale, puis la pandémie a aggravé la situation, plongeant ses revenus civils. Ensuite, de nouveaux concurrents sont apparus. Après la montée des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, le gouvernement chinois a commencé à soutenir massivement ses propres avions commerciaux, et Commercial Aircraft Corporation of China (COMAC) pourrait progressivement prendre des parts de marché mondiales, ce qui fragilise la position de Boeing.
Malgré la stabilité relative des commandes militaires, l’avenir du marché civil est incertain. Investir dans Boeing nécessite une stratégie d’entrée à bas prix plutôt que d’acheter à tout prix en haut.
Caterpillar (CAT) : une fausse action de défense
Caterpillar porte l’étiquette d’action de défense, mais ses revenus militaires réels sont inférieurs à 30 %, ses principales activités étant la machinerie de construction et les équipements lourds. La société, plutôt qu’un fabricant d’armements, profite surtout des tensions géopolitiques pour la demande en infrastructures.
Des entreprises similaires, qualifiées de « défense large » comme FedEx(FDX), ont aussi participé à la logistique militaire ou aux achats gouvernementaux, mais restent essentiellement des entreprises civiles. Investir dans ces sociétés doit se concentrer sur les dépenses d’infrastructure mondiales et la demande en matières premières, plutôt que sur les commandes militaires.
Opportunités d’investissement dans la défense à Taïwan
La tension géopolitique dans le détroit de Taiwan ne cesse de s’intensifier, avec une augmentation des dépenses militaires des deux côtés ces dernières années. Cela représente une opportunité concrète pour les entreprises taïwanaises du secteur de la défense.
Tadiran (8033.TW) est un exemple représentatif. La société était initialement un fabricant de modèles réduits de drones, dans l’industrie du jouet. Mais avec l’émergence du marché mondial des drones, Tadiran a réussi à se repositionner comme fournisseur de drones militaires. Son action a fortement augmenté en 2022, et avec la croissance continue des besoins militaires de Taiwan et d’autres pays, l’entreprise a encore du potentiel de croissance.
HannStar (2634.TW) a adopté une autre stratégie. La société opère à la fois dans la défense et le civil, produisant principalement des avions d’entraînement et des pièces détachées pour la défense, ainsi que des services de maintenance et de vente de pièces pour le civil. Contrairement à Raytheon ou Boeing, qui sont dépendants d’un seul produit, HannStar diversifie ses activités, ce qui réduit le risque. Tant que l’industrie aéronautique reste prospère, le marché de la maintenance et des pièces continuera de générer des commandes et des profits. Son cours est également relativement stable, ce qui en fait une option à suivre à moyen et long terme.
Pourquoi investir dans les actions de défense ?
Selon la logique d’investissement de Warren Buffett, une bonne cible doit avoir trois caractéristiques : une longue piste, une barrière profonde, et une boule de neige suffisamment humide. Les actions de la défense répondent justement à ces trois critères.
Une industrie à très long terme : depuis toujours, les conflits n’ont jamais cessé dans l’histoire humaine. La demande en sécurité nationale est infinie. Les forces armées ont besoin d’équipements de façon durable et stable, sans disparaître lors d’une récession.
Une barrière profonde : l’industrie de la défense concerne la sécurité nationale, avec des barrières à l’entrée très élevées et une forte technicité. La confiance entre le gouvernement et ses fournisseurs se construit sur plusieurs années, et une fois établie, il est difficile de changer. Beaucoup de technologies sont protégées par des brevets nationaux, ce qui limite la concurrence. Cela confère aux leaders une position quasi monopolistique.
Une dynamique de croissance continue : la tendance mondiale est à la régionalisation, avec une augmentation des conflits locaux. Les dépenses militaires augmentent partout. La politique de « retour de la fabrication aux États-Unis » sous Trump a accéléré cette tendance, et la mondialisation recule. La course à l’armement régional devient la norme. La baisse des actions de défense est principalement due à l’attente d’un désarmement, mais cette possibilité est très faible actuellement, ce qui garantit leur potentiel de croissance.
Risques liés à l’investissement dans la défense
Les actions de la défense ne sont pas sans risques. Le piège classique est d’acheter de « fausses actions de défense » — des entreprises avec une faible part de revenus militaires, dont l’activité civile est en déclin. Cela peut annuler les bénéfices de la défense, voire faire chuter le cours.
Avant d’investir, il faut examiner :
Seules les entreprises avec une forte part de revenus militaires, une technologie de pointe, et une activité civile stable méritent d’être considérées comme de véritables opportunités dans la défense.
Conclusion
Les actions de la défense ont une demande de marché stable et en croissance, mais il faut faire preuve de prudence dans le choix des cibles. Comprendre la part réelle de revenus militaires, surveiller l’état de l’activité civile, et évaluer la compétitivité technologique sont essentiels pour prendre de bonnes décisions.
La bonne nouvelle, c’est que les entreprises de défense ont rarement des faillites — leurs principaux clients étant le gouvernement, la relation de confiance est solide, et il est peu probable qu’un fournisseur clé disparaisse. Par conséquent, ces actions disposent souvent d’une barrière profonde, idéales pour un investissement à long terme. En combinant l’analyse de leur situation financière, des tendances sectorielles, des enjeux géopolitiques et du marché civil, on peut repérer de véritables pépites dans la défense.