Le parcours de l’euro en 2026 repose sur une dynamique simple mais puissante : si la Réserve fédérale continue de réduire ses taux alors que la Banque centrale européenne maintient le cap, la paire de devises EUR/USD devient une course entre un resserrement des différentiels de taux et une résilience économique divergente. Les marchés intègrent actuellement deux scénarios opposés — une poussée vers 1,20 si l’Europe se stabilise et la Fed opère plusieurs coupures, ou un recul vers 1,13 (et potentiellement 1,10) si la croissance faiblit et que la politique change. La question ne concerne plus seulement les taux ; il s’agit de savoir quelle économie pourra maintenir son élan lorsque les tarifs douaniers se profilent et que les cycles de croissance divergent.
Le cycle de coupures de la Fed en 2026 est déjà verrouillé
La Réserve fédérale a effectué trois réductions de taux en 2025 — dépassant sa propre prévision de décembre 2024 qui anticipait deux mouvements. Après avoir maintenu une stabilité jusqu’au début du printemps en raison des préoccupations tarifaires, la Fed a réduit ses taux de 25 points de base en septembre, puis à nouveau en octobre et décembre, portant la fourchette cible des fonds fédéraux à 3,50 %–3,75 %. Pour 2026, le consensus parmi les grandes institutions est remarquablement cohérent : Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Wells Fargo, Nomura et Barclays se positionnent tous pour deux autres coupures, ce qui ferait descendre les taux vers la zone 3,00 %–3,25 %.
Le contexte politique ajoute une couche supplémentaire. Le mandat de Jerome Powell expire en mai 2026, et le candidat au poste de secrétaire au Trésor Scott Bessent — qui a supervisé la sélection des candidats à la présidence de la Fed — a ouvertement indiqué son soutien à une politique monétaire accommodante continue. Les économistes de Moody’s et des grandes banques d’investissement s’attendent de plus en plus à un scénario de « balance délicate » pour 2026 : pas une croissance robuste, mais suffisamment d’activité pour justifier l’orientation accommodante de la Fed et potentiellement accélérer le cycle de coupures au-delà des attentes consensuelles.
La BCE : La patience est la politique, du moins pour l’instant
En revanche, la Banque centrale européenne a adopté une posture de maintien. Son taux clé reste ancré à 2,15 % depuis juillet, avec les trois taux politiques — le taux de dépôt (2,00%), le taux de refinancement principal (2,15%), et le taux de prêt marginal (2,40%) — maintenus inchangés jusqu’en décembre.
Ce statu quo est logique lorsque l’on examine la situation de l’inflation dans la zone euro. Les données d’Eurostat montrent une inflation en hausse à 2,2 % en glissement annuel en novembre, contre 2,1 % en octobre, restant au-dessus de l’objectif de 2,0 % de la BCE. Plus important encore, l’inflation des services a bondi à 3,5 % contre 3,4 %, ce qui indique une pression sur les prix qui reste tenace et qui préoccupe les banquiers centraux. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a décrit la politique comme étant dans une « bonne position » après la réunion de décembre — un langage de la banque centrale signifiant « pas d’empressement à bouger dans un sens ou dans l’autre ».
Le consensus du marché reflète cette position. Un sondage Reuters a révélé que la majorité des économistes s’attendent à ce que la BCE maintienne ses taux tout au long de 2026 et 2027, bien que la confiance se détériore à mesure que l’horizon s’allonge. Si quelque chose devait changer en 2026, des stratégistes comme Christian Kopf d’Union Investment soutiennent qu’une hausse est plus probable qu’une baisse, et que cette décision pourrait intervenir à la fin 2026 ou au début 2027 au plus tôt.
Faiblesse de la croissance et choc commercial : le troisième angle
Voici où l’analyse devient compliquée. La croissance de la zone euro ralentit, mais ne s’effondre pas. La croissance du troisième trimestre s’est établie à 0,2 %, bien que l’Espagne (0,6 %) et la France (0,5 %) aient dépassé l’Allemagne et l’Italie, qui sont restées stables. Les projections d’automne de la Commission européenne tablent désormais sur une croissance de 1,3 % pour 2025, 1,2 % pour 2026 et 1,4 % pour 2027 — une révision à la baisse notable pour 2026 par rapport aux attentes antérieures.
Les responsables en cause sont à la fois structurels et cycliques. Le secteur automobile allemand a contracté de 5 % en raison des perturbations liées à la transition vers l’électrique et des frictions dans la chaîne d’approvisionnement. Le sous-investissement dans la technologie a laissé la zone euro à la traîne des États-Unis et de la Chine dans des segments numériques clés. Plus aigu encore, le risque tarifaire est de retour. Le cadre de tarifs réciproques de l’administration Trump a ravivé la menace de taxes de 10 % à 20 % sur les biens européens, avec des exportations vers les États-Unis déjà en faiblesse — une baisse de 3 %, avec une dégradation plus forte dans l’automobile et la chimie.
Ce troisième angle — la politique commerciale en tant que variable indépendante — est important car il influence directement la trajectoire de l’EUR/USD. Il ne s’agit plus seulement des différentiels de taux ; il s’agit de savoir si l’Europe peut maintenir ses trajectoires de croissance actuelles tout en absorbant un choc externe potentiel.
EUR/USD : Quel scénario l’emportera ?
La fourchette de la paire en 2026 dépendra en fin de compte du cadre de prévision qui s’avérera correct. Deux scénarios contrastés illustrent le débat :
Cas haussier pour l’euro : Si la croissance de la zone euro reste au-dessus de 1,3 % et que l’inflation augmente lentement, la BCE reste patiente pendant que la Fed réduit de plus de 50 points de base. L’écart de rendement se réduit, mais pas de manière catastrophique, et l’EUR/USD dépasse 1,20. UBS Global Wealth Management adopte cette vision, anticipant une hausse de la paire vers 1,20 d’ici mi-2026, en supposant une croissance européenne stable et une politique accommodante de la Fed.
Cas baissier pour l’euro : Si la croissance de la zone euro déçoit (en dessous de 1,2 %), les chocs commerciaux frappent plus durement que prévu, et la BCE finit par se tourner vers des coupures, l’EUR/USD recule vers la zone de support 1,13 ou teste même 1,10. Citi prévoit ce scénario, avec une projection de 1,10 d’ici le troisième trimestre 2026 — soit une baisse d’environ 6 % par rapport aux niveaux actuels autour de 1,1650 — en partant du principe que la croissance américaine se redresse et que la Fed coupe moins agressivement que prévu.
Le prix actuel du marché divise essentiellement la différence entre ces deux pôles. La variable décisive n’est pas la politique ; c’est la croissance. Si l’Europe traverse 2026 sans récession alors que la Fed poursuit son cycle d’assouplissement, l’euro bénéficie d’un soutien structurel. Si les tarifs s’avèrent plus perturbateurs que ce que le consensus suppose et que la zone euro entre en stagnation, la patience de la BCE devient sans objet — l’euro chute de toute façon parce que les fondamentaux économiques ont changé.
Pour les traders, 2026 s’annonce comme une année où la résilience macroéconomique, et non seulement la mathématique des taux, déterminera l’EUR/USD. Surveillez de près les données PMI de la zone euro, le calendrier de mise en œuvre des tarifs américains, et la communication de la BCE. Le troisième angle — le risque géopolitique et commercial — pourrait compter autant que la divergence traditionnelle de politique monétaire.
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Où le EUR/USD sera-t-il négocié en 2026 ? Trois angles à surveiller : l'inaction de la BCE et les baisses de taux de la Fed
Le parcours de l’euro en 2026 repose sur une dynamique simple mais puissante : si la Réserve fédérale continue de réduire ses taux alors que la Banque centrale européenne maintient le cap, la paire de devises EUR/USD devient une course entre un resserrement des différentiels de taux et une résilience économique divergente. Les marchés intègrent actuellement deux scénarios opposés — une poussée vers 1,20 si l’Europe se stabilise et la Fed opère plusieurs coupures, ou un recul vers 1,13 (et potentiellement 1,10) si la croissance faiblit et que la politique change. La question ne concerne plus seulement les taux ; il s’agit de savoir quelle économie pourra maintenir son élan lorsque les tarifs douaniers se profilent et que les cycles de croissance divergent.
Le cycle de coupures de la Fed en 2026 est déjà verrouillé
La Réserve fédérale a effectué trois réductions de taux en 2025 — dépassant sa propre prévision de décembre 2024 qui anticipait deux mouvements. Après avoir maintenu une stabilité jusqu’au début du printemps en raison des préoccupations tarifaires, la Fed a réduit ses taux de 25 points de base en septembre, puis à nouveau en octobre et décembre, portant la fourchette cible des fonds fédéraux à 3,50 %–3,75 %. Pour 2026, le consensus parmi les grandes institutions est remarquablement cohérent : Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Wells Fargo, Nomura et Barclays se positionnent tous pour deux autres coupures, ce qui ferait descendre les taux vers la zone 3,00 %–3,25 %.
Le contexte politique ajoute une couche supplémentaire. Le mandat de Jerome Powell expire en mai 2026, et le candidat au poste de secrétaire au Trésor Scott Bessent — qui a supervisé la sélection des candidats à la présidence de la Fed — a ouvertement indiqué son soutien à une politique monétaire accommodante continue. Les économistes de Moody’s et des grandes banques d’investissement s’attendent de plus en plus à un scénario de « balance délicate » pour 2026 : pas une croissance robuste, mais suffisamment d’activité pour justifier l’orientation accommodante de la Fed et potentiellement accélérer le cycle de coupures au-delà des attentes consensuelles.
La BCE : La patience est la politique, du moins pour l’instant
En revanche, la Banque centrale européenne a adopté une posture de maintien. Son taux clé reste ancré à 2,15 % depuis juillet, avec les trois taux politiques — le taux de dépôt (2,00%), le taux de refinancement principal (2,15%), et le taux de prêt marginal (2,40%) — maintenus inchangés jusqu’en décembre.
Ce statu quo est logique lorsque l’on examine la situation de l’inflation dans la zone euro. Les données d’Eurostat montrent une inflation en hausse à 2,2 % en glissement annuel en novembre, contre 2,1 % en octobre, restant au-dessus de l’objectif de 2,0 % de la BCE. Plus important encore, l’inflation des services a bondi à 3,5 % contre 3,4 %, ce qui indique une pression sur les prix qui reste tenace et qui préoccupe les banquiers centraux. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a décrit la politique comme étant dans une « bonne position » après la réunion de décembre — un langage de la banque centrale signifiant « pas d’empressement à bouger dans un sens ou dans l’autre ».
Le consensus du marché reflète cette position. Un sondage Reuters a révélé que la majorité des économistes s’attendent à ce que la BCE maintienne ses taux tout au long de 2026 et 2027, bien que la confiance se détériore à mesure que l’horizon s’allonge. Si quelque chose devait changer en 2026, des stratégistes comme Christian Kopf d’Union Investment soutiennent qu’une hausse est plus probable qu’une baisse, et que cette décision pourrait intervenir à la fin 2026 ou au début 2027 au plus tôt.
Faiblesse de la croissance et choc commercial : le troisième angle
Voici où l’analyse devient compliquée. La croissance de la zone euro ralentit, mais ne s’effondre pas. La croissance du troisième trimestre s’est établie à 0,2 %, bien que l’Espagne (0,6 %) et la France (0,5 %) aient dépassé l’Allemagne et l’Italie, qui sont restées stables. Les projections d’automne de la Commission européenne tablent désormais sur une croissance de 1,3 % pour 2025, 1,2 % pour 2026 et 1,4 % pour 2027 — une révision à la baisse notable pour 2026 par rapport aux attentes antérieures.
Les responsables en cause sont à la fois structurels et cycliques. Le secteur automobile allemand a contracté de 5 % en raison des perturbations liées à la transition vers l’électrique et des frictions dans la chaîne d’approvisionnement. Le sous-investissement dans la technologie a laissé la zone euro à la traîne des États-Unis et de la Chine dans des segments numériques clés. Plus aigu encore, le risque tarifaire est de retour. Le cadre de tarifs réciproques de l’administration Trump a ravivé la menace de taxes de 10 % à 20 % sur les biens européens, avec des exportations vers les États-Unis déjà en faiblesse — une baisse de 3 %, avec une dégradation plus forte dans l’automobile et la chimie.
Ce troisième angle — la politique commerciale en tant que variable indépendante — est important car il influence directement la trajectoire de l’EUR/USD. Il ne s’agit plus seulement des différentiels de taux ; il s’agit de savoir si l’Europe peut maintenir ses trajectoires de croissance actuelles tout en absorbant un choc externe potentiel.
EUR/USD : Quel scénario l’emportera ?
La fourchette de la paire en 2026 dépendra en fin de compte du cadre de prévision qui s’avérera correct. Deux scénarios contrastés illustrent le débat :
Cas haussier pour l’euro : Si la croissance de la zone euro reste au-dessus de 1,3 % et que l’inflation augmente lentement, la BCE reste patiente pendant que la Fed réduit de plus de 50 points de base. L’écart de rendement se réduit, mais pas de manière catastrophique, et l’EUR/USD dépasse 1,20. UBS Global Wealth Management adopte cette vision, anticipant une hausse de la paire vers 1,20 d’ici mi-2026, en supposant une croissance européenne stable et une politique accommodante de la Fed.
Cas baissier pour l’euro : Si la croissance de la zone euro déçoit (en dessous de 1,2 %), les chocs commerciaux frappent plus durement que prévu, et la BCE finit par se tourner vers des coupures, l’EUR/USD recule vers la zone de support 1,13 ou teste même 1,10. Citi prévoit ce scénario, avec une projection de 1,10 d’ici le troisième trimestre 2026 — soit une baisse d’environ 6 % par rapport aux niveaux actuels autour de 1,1650 — en partant du principe que la croissance américaine se redresse et que la Fed coupe moins agressivement que prévu.
Le prix actuel du marché divise essentiellement la différence entre ces deux pôles. La variable décisive n’est pas la politique ; c’est la croissance. Si l’Europe traverse 2026 sans récession alors que la Fed poursuit son cycle d’assouplissement, l’euro bénéficie d’un soutien structurel. Si les tarifs s’avèrent plus perturbateurs que ce que le consensus suppose et que la zone euro entre en stagnation, la patience de la BCE devient sans objet — l’euro chute de toute façon parce que les fondamentaux économiques ont changé.
Pour les traders, 2026 s’annonce comme une année où la résilience macroéconomique, et non seulement la mathématique des taux, déterminera l’EUR/USD. Surveillez de près les données PMI de la zone euro, le calendrier de mise en œuvre des tarifs américains, et la communication de la BCE. Le troisième angle — le risque géopolitique et commercial — pourrait compter autant que la divergence traditionnelle de politique monétaire.