La chute de l'Empire de Villar : de « incontrôlable » à « cas d'école de gouvernance »

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Une crise d’entreprise sans précédent depuis plusieurs décennies aux Philippines a frappé un conglomérat autrefois considéré comme intouchable. En 2025, le groupe Bijar s’est retrouvé au centre du scandale d’évaluation le plus spectaculaire du marché, et la réaction ferme des autorités réglementaires par la suite a montré que le marché des capitaux philippins avait fondamentalement changé.

Le début d’une grande erreur d’évaluation

Lorsque Bijarland a révélé un terrain acquis à une valorisation de 1,33 billion de pesos, cela a d’abord été interprété comme une victoire de la taille et de la vision de l’entreprise. Mais cette vision optimiste a été rapidement brisée. La première alerte a été donnée lorsque la société d’audit Punonbayan & Arauro a refusé de signer l’ajustement de la juste valeur. Par la suite, l’Autorité des marchés financiers (SEC) a enquêté sur la méthode d’évaluation, révélant que la société E-Value, responsable du chiffre de 1 billion de pesos, ne respectait pas les normes d’évaluation internationales.

Les résultats ont été choquants. La valeur non audité de Bijarland, de 1,37 billion de pesos, a été ramenée à seulement 35,7 milliards de pesos dans ses chiffres audités. Il ne s’agissait pas simplement d’une correction numérique, mais d’une perte de confiance dans la base même de l’entreprise. Le cours de l’action de Bijar a chuté de plus de 80 %, et environ 18 milliards de dollars d’actifs papier se sont évaporés. Manny Bijar a chuté du sommet du classement des milliardaires philippins.

La chute du mythe de l’invulnérabilité

L’essence de ce scandale d’évaluation ne résidait pas dans une simple erreur comptable. Elle était ancrée dans l’attitude même de Manny Bijar. Lors d’une interview médiatique, il avait déclaré « il suffit de valoriser 3 500 hectares pour obtenir un prix ». Une déclaration approximative, comme une estimation sommaire, révélant une croyance implicite selon laquelle la taille permettrait d’éviter un examen approfondi. Le marché des capitaux ne fonctionne pas sur des calculs wishful thinking. La décision d’investissement repose sur des flux de trésorerie actualisés, la réalité du zonage, le calendrier des infrastructures, la courbe d’absorption du marché et des ventes comparables concrètes.

Depuis des années, le groupe Bijar bénéficiait d’une intégration étroite de ses unités commerciales et d’une aisance politique. Autrefois considéré comme un modèle par les investisseurs institutionnels, avec une note de 9/10, cette réputation n’était plus que de 3/10 en 2025. Lorsque les régulateurs ont commencé à exiger une plus grande transparence, cette structure interconnectée a soudainement cessé d’être un avantage pour devenir un facteur de risque accru. La position d’invulnérabilité a disparu du jour au lendemain.

La crise en chaîne : déclin de chaque division

Le déclin de l’empire Bijar ne s’est pas limité à la question de l’évaluation. Prime Water, autrefois modèle de participation privée, est devenue une cible de surveillance réglementaire. La coentreprise avec la zone de distribution d’eau fait face à des pressions de la part de législateurs et d’acteurs locaux, remettant en question la qualité du service, les modifications tarifaires et l’équité des contrats. La rentabilité reste forte, passant de 196 millions de pesos en 2017 à près de 1,8 milliard en 2023, mais les profits seuls ne suffisent plus à protéger l’entreprise contre la pression politique et sociale croissante.

Le secteur de l’électricité, avec SIPCOR, est confronté à une crise encore plus grave. Après que la Commission de régulation de l’énergie (ERC) a jugé que SIPCOR n’avait pas fourni les améliorations de service obligatoires, elle a perdu son permis d’exploitation à Siquijor. Cette décision est symbolique : c’est la première fois que l’État annule le droit d’exploitation d’un actif de Bijar. Un message clair envoyé au marché : toute entreprise du conglomérat doit respecter les normes de performance réglementaire.

Même Oldeay Mart, autrefois champion de la distribution au sein du groupe Bijar, n’a pas échappé à la tendance. Son chiffre d’affaires a chuté à 9,25 milliards de pesos, avec un bénéfice net de 268 millions. Lors de l’IPO de 2021, ses actions s’étaient négociées à 0,60 peso, mais aujourd’hui, elles se traitent à une fraction de ce prix, avec une capitalisation boursière réduite d’environ 70 % par rapport à son pic.

De l’échec de la gouvernance à la victoire réglementaire

Ce qui rend l’histoire de Bijar particulièrement instructive, c’est que son déclin n’a pas été causé par un choc externe ou un effondrement macroéconomique, mais par des tensions internes croissantes et par un environnement réglementaire résolument décidé à faire respecter l’autorité. La prime de conglomérat s’est transformée du jour au lendemain en une décote gouvernementale.

Les indicateurs de risque ont explosé avec l’accumulation des controverses : litiges liés aux contrats de coentreprise de Prime Water, échec de service de SIPCOR, corrections comptables de Bijarland, et effondrement soudain de la confiance des investisseurs. Les courbes de capitalisation de Bijarland et Oldeay illustrent clairement l’ampleur de la révision de leur réputation.

Pour les investisseurs mondiaux, la crise de 2025 n’est pas une simple crise financière familiale, mais un signal plus profond. Les autorités réglementaires philippines ont commencé à montrer leurs dents, indiquant que le pays entre dans une nouvelle phase où la discipline d’évaluation, la performance des services et l’intégrité comptable sont aussi importantes que l’accès politique.

2026 : rétablissement, retrait ou reset ?

L’année prochaine sera cruciale pour le conglomérat Bijar. Les investisseurs analysent déjà si le groupe commence à se redresser ou s’il doit continuer à supporter ses excès.

Ce qui est le plus important, c’est que Bijarland fournisse un bilan totalement normalisé. Des chiffres audités, une divulgation transparente des parties liées, et une évaluation basée sur des méthodologies prudentes et défendables seront indispensables. Jusqu’à ce que l’ombre de l’évaluation à 1 billion de pesos soit dissipée, le marché restera réticent à réévaluer ses actions.

De même, le destin de Prime Water est crucial. Les rapports sur des partenariats ou des cessions d’actifs avec d’autres conglomérats suggèrent une voie potentielle pour réduire l’exposition réglementaire. Mais pour que ces mouvements soient efficaces, il faudra traiter des questions plus fondamentales et épineuses : endettement, obligations de service, protection des consommateurs.

Le troisième test concerne la transformation opérationnelle d’Oldeay et la succession de SIPCOR. La stabilisation des marges dans la distribution et l’amélioration fiable des services électriques et d’eau montreront que le groupe a la capacité de reconstruire son empire non pas par la proximité du pouvoir, mais par la performance.

En conclusion : la réputation est une question de chiffres

L’histoire de Bijar rappelle de manière saisissante que même le plus établi des empires commerciaux peut être réévalué du jour au lendemain, et que dans les marchés émergents, la réputation n’est pas une notion abstraite, mais un poste du bilan qui attend d’être réévalué dès que les autorités jugent que les calculs ne tiennent plus.

Ironiquement, la chute du groupe Bijar, d’une position d’invulnérabilité, pourrait renforcer plutôt qu’affaiblir l’histoire d’investissement aux Philippines. En revendiquant une meilleure discipline d’évaluation, une performance accrue dans les services publics et une responsabilité publique, les autorités réglementaires ont laissé entrevoir une transition vers une surveillance du marché plus fiable. Les conglomérats à gouvernance faible sont désormais sous alerte. L’empire n’est pas encore en ruine, mais le mythe qui l’entourait a été définitivement brisé.

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