Il y a seulement quelques mois, Larry Ellison est devenu l'homme le plus riche du monde. Septembre 2025, jour 10 : sa fortune a atteint 393 milliards de dollars en une seule journée. Il a détrôné Elon Musk du trône qu'il occupait depuis longtemps. Tout cela grâce à quatre contrats annoncés par Oracle, dont une collaboration de 300 milliards avec OpenAI. Les actions ont explosé de 40 % en une journée. Une performance que l’on n’avait pas vue depuis 1992.



Mais ce qui m fascine chez Larry Ellison aujourd’hui, ce n’est pas seulement le chiffre. C’est la façon dont il y est arrivé.

Partons du début : orphelin abandonné par sa mère à neuf mois, élevé par une tante à Chicago avec des ressources limitées. Il a fréquenté deux universités sans les terminer. Il s’est installé à Berkeley dans les années 70 parce que « là-bas, les gens semblaient plus libres et plus intelligents ». Il a travaillé comme programmeur freelance, jusqu’à ce qu’il intègre Ampex et participe à un projet pour la CIA sur des bases de données efficaces.

En 1977, avec 2 000 dollars en poche (dont 1 200 lui), il a fondé une petite société de logiciels avec deux collègues. Ils ont pris le nom du projet de la CIA et l’ont transformé en un produit commercial : Oracle. Coté au Nasdaq en 1986. Ellison n’a pas inventé les bases de données, mais il a compris avant tout le monde leur valeur sur le marché et a eu le courage d’y mettre tout ce qu’il avait.

Pendant quarante ans, il a dirigé l’entreprise avec une personnalité rebelle et une compétitivité féroce. Il a failli ne pas survivre à un accident de surf en 1992, mais il est revenu à la tête de l’entreprise sans sourciller. Entre-temps, le cloud computing a explosé, et Oracle est restée un peu à la traîne par rapport à Amazon et Microsoft. Mais grâce à ses bases de données et à sa connaissance approfondie des clients entreprises, elle a conservé une position unique.

Puis est arrivée l’IA générative. Été 2025 : Oracle licencie des milliers de personnes dans ses départements traditionnels et double ses investissements dans les data centers et les infrastructures AI. Elle devient l’un des principaux fournisseurs, alors que le marché s’emballe pour la demande en infrastructures. Le « vieux » du logiciel se transforme en outsider des infrastructures AI. Et le marché le récompense.

Sur le plan personnel, Ellison n’est pas du genre à s’arrêter. Il possède 98 % de l’île de Lanai à Hawaï, a gagné la America’s Cup en 2013 avec son équipe de voile, a fondé SailGP qui attire des stars comme Mbappé. En 2018, il racontait qu’un ancien dirigeant s’entraînait des heures par jour dans les années 90 et 2000, ne buvait que de l’eau et du thé vert, suivait un régime strict. À 81 ans, il paraît vingt ans plus jeune que ses contemporains.

En 2024, il a épousé discrètement Jolin Zhu, une femme d’origine chinoise, 47 ans plus jeune que lui. La nouvelle est sortie d’un document universitaire. Certains ont plaisanté en disant qu’Ellison aime à la fois le surf et l’amour. Pour lui, les deux semblent tout aussi irrésistibles.

Son fils David a acheté Paramount Global pour 8 milliards (6 auprès des fonds familiaux). Le père domine la Silicon Valley, le fils domine Hollywood. Deux générations qui bâtissent un empire entre technologie et médias.

Ce qui frappe chez Ellison aujourd’hui, c’est sa cohérence. Ce n’est pas un personnage qui change avec le vent. Il a été un rebelle dans sa jeunesse, il est resté un rebelle. Il a toujours choisi de rester seul, de penser par lui-même, de ne pas se laisser influencer. En 2010, il a signé le Giving Pledge en promettant de donner 95 % de sa richesse, mais contrairement à Gates et Buffett, il préfère agir en solitaire. Il a donné 200 millions à l’USC pour un centre de recherche sur le cancer, il a fondé l’Ellison Institute of Technology avec Oxford pour la médecine, l’alimentation et le climat.

Sa philanthropie est personnelle, non collective. Il ne veut pas rejoindre les autres, il veut concevoir l’avenir selon sa vision.

À 81 ans, il est enfin l’homme le plus riche du monde. Parti d’un contrat avec la CIA, il a construit un empire mondial de bases de données, reconnu avant tout le monde la valeur de l’IA, et a occupé une place de premier plan dans la nouvelle ère. Ce n’est pas une remontée tardive, c’est une revanche qui a toujours été là, en attente du bon moment.

Le trône de l’homme le plus riche pourrait changer à nouveau demain. Mais pour l’instant, Larry Ellison a montré que les vieux titans de la technologie ne sont pas encore finis. Au contraire, ils commencent tout juste à jouer vraiment.
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