J'ai remarqué quelque chose d'intéressant qui se passe sur les marchés du pétrole brut cette semaine. Après avoir été complètement plombés par une chute de 15 % lors de la séance précédente, les prix ont rebondi assez fortement jeudi alors que les traders réévaluaient toute la situation au Moyen-Orient.



C'est là que ça devient compliqué. La trêve de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran semblait pouvoir apaiser les inquiétudes sur l'offre, mais la réalité sur le terrain est plus chaotique. Israël a continué à frapper le Liban, ce qui a poussé l'Iran à dire essentiellement que les négociations n'ont pas lieu dans ces conditions. Nous sommes donc coincés dans ce drôle de limbo où la trêve existe sur le papier mais où les tensions sous-jacentes ne sont pas vraiment résolues.

Du côté des chiffres, le Brent a augmenté de 2,6 dollars pour atteindre 97,35 dollars le baril (en hausse de 2,74 %), tandis que le WTI a gagné 3,02 dollars pour atteindre 97,43 dollars le baril (en hausse de 3,2 %). Les deux avaient chuté en dessous du $100 niveau lors de cette vente panique, qui a été la plus forte depuis avril 2020. La hausse reflète la prise en compte par les traders d’un certain soulagement, mais pas d’un soulagement complet.

Le vrai facteur déterminant reste le détroit d’Hormuz. Cette voie navigable transporte environ 20 % de l’approvisionnement mondial en brut — il s’agit de volumes importants en provenance d’Irak, d’Arabie Saoudite, du Koweït, du Qatar. Si cette zone reste sous contrainte, les prix du pétrole brut aujourd’hui et à l’avenir resteront élevés. Plus inquiétant encore, l’Iran aurait ciblé des infrastructures énergétiques dans des pays voisins malgré la trêve, y compris des alternatives de pipelines au détroit. Le Koweït, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont tous signalé des attaques de missiles et de drones.

Ce qui est intéressant, c’est ce que disent les experts. Macquarie et d’autres grandes sociétés de courtage commencent à intégrer dans leurs prévisions un régime de prix du pétrole structurellement plus élevé. Leur scénario de base suppose une désescalade, avec un support pour le Brent autour de 85-90 dollars et une possible remontée vers $110 alors que les flux se normalisent. Mais voici le problème — si les tensions persistent, nous risquons de voir une pression haussière soutenue sur les prix du pétrole brut.

Un analyste de MST Marquee l’a bien résumé : même avec un accord de paix, l’Iran pourrait utiliser la menace du détroit comme un levier récurrent. Les marchés continueront à intégrer ce risque accru. Donc, que l’on parle des prix du pétrole aujourd’hui ou dans six mois, l’histoire structurelle reste orientée vers des prix plus élevés tant que l’incertitude au Moyen-Orient perdure. C’est ce genre de prime géopolitique qui ne disparaît pas du jour au lendemain.
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