CLARITY loi sur l'interdiction des gains des stablecoins : Analyse de la restriction des revenus passifs et de la fenêtre clé législative

Législation sur les actifs cryptographiques : à la croisée des chemins.
En juillet 2025, le « Projet de loi sur l’innovation nationale pour la stabilité du dollar américain et la création de cadres réglementaires pour les stablecoins » (GENIUS) a posé les bases d’un cadre réglementaire pour les stablecoins adossés au dollar au niveau fédéral, mais la législation clé sur la structure du marché — le « Projet de loi sur la clarté du marché des actifs numériques » (CLARITY) — a été mise en suspens pendant plusieurs mois au Sénat en raison d’une clause controversée sur le paiement des revenus des stablecoins.
Le 20 mars 2026, un accord de principe conclu entre le sénateur Thom Tillis, Angela Alsobrooks et la Maison Blanche a porté cette controverse à une étape décisive.
L’accord stipule clairement : interdire les revenus passifs purement liés à la détention de stablecoins, tout en conservant les récompenses associées à des activités telles que le paiement, le transfert, l’abonnement ou l’utilisation de plateformes.

Cette clause, apparemment « technique », influence en réalité un triple jeu de forces : la concurrence dans les dépôts bancaires, le modèle de revenus des plateformes cryptographiques et la compétitivité mondiale du dollar stable.
Le combat autour de la clause sur les revenus est passé d’un dialogue sectoriel à une question politique impliquant directement la Maison Blanche.
Au 21 avril 2026, le prix du bitcoin sur la plateforme Gate s’élevait à environ 74 200 dollars, se redressant progressivement depuis le creux de mars, le marché réagissant avec prudence et optimisme à l’égard de l’évolution législative.

Origine de la controverse : pourquoi les revenus des stablecoins deviennent-ils un enjeu législatif ?

La principale obstacle à la projet de loi CLARITY réside dans un désaccord fondamental sur la nature même des stablecoins.
D’un côté, le secteur bancaire soutient que les stablecoins doivent être strictement définis comme des moyens de paiement, non comme des produits d’épargne.
L’American Bankers Association (ABA) a dépensé environ 56,7 millions de dollars pour faire pression contre la clause sur les revenus, arguant que si le solde des stablecoins pouvait générer des rendements compétitifs sans régulation bancaire, cela entraînerait une fuite des dépôts hors du système bancaire traditionnel, affaiblissant ainsi la capacité de création de crédit.

De l’autre côté, l’industrie cryptographique insiste sur le fait que les revenus des stablecoins sont essentiels pour maintenir l’écosystème utilisateur et la compétitivité du marché.
Le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, affirme que les récompenses USDC ne sont pas des dépôts, mais une part des intérêts générés par les obligations d’État en réserve.
Il est notable que, au troisième trimestre 2025, ces revenus représentaient environ 20 % du chiffre d’affaires total de Coinbase, soit 1,35 milliard de dollars, principalement issus du protocole de distribution USDC avec Circle.
Ce pourcentage confère à Coinbase une position particulièrement ferme dans les négociations.

Le GENIUS, entré en vigueur en juillet 2025, interdit explicitement aux émetteurs de stablecoins de verser des intérêts directs à leurs détenteurs, mais ne bloque pas les récompenses liées à des activités sur des plateformes comme Coinbase, laissant un vide réglementaire qui alimentera la suite des débats législatifs.
L’objectif du projet CLARITY est précisément de combler cette lacune et de finaliser la régulation de la structure du marché.

Chronologie du processus législatif : de la mise en suspens à l’accélération

L’évolution du projet CLARITY montre une trajectoire oscillant entre adoption massive, suspension prolongée et reprise rapide.
En juillet 2025, le projet de loi a été adopté à la Chambre des représentants avec 294 voix pour et 134 contre, en même temps que le président Trump signait la loi GENIUS.
En janvier 2026, le comité bancaire du Sénat devait tenir une réunion de marquage, mais Coinbase a annoncé la veille qu’il ne pouvait soutenir le projet, ce qui a annulé l’agenda et bloqué la législation pendant plus de deux mois.
En février 2026, la Maison Blanche a organisé plusieurs réunions pour tenter de concilier secteur bancaire et cryptographique, selon des sources, en confisquant les téléphones des participants pour assurer la confidentialité.
Ces négociations intensives ont permis de poser les bases d’un compromis.
Le 20 mars 2026, Tillis et Alsobrooks, en accord avec la Maison Blanche, ont annoncé un accord de principe, salué par Patrick Witt, conseiller en politique cryptographique à la Maison Blanche, comme une « étape majeure ».
Le 14 avril 2026, le Conseil économique de la Maison Blanche (CEA) a publié un rapport réfutant de manière quantifiée les craintes de décollecte massive des dépôts.
Le 19 avril, la Maison Blanche a publiquement demandé aux banques de cesser de s’opposer, qualifiant les institutions obstinées de « cupides » — une critique directe sans précédent.
Actuellement, à la fin avril 2026, le comité bancaire du Sénat n’a pas encore fixé de date précise pour la réunion de marquage, mais la fenêtre se réduit rapidement.
Si aucune avancée n’est réalisée avant mai, la législation risque d’être repoussée après les élections de mi-mandat, en raison des enjeux politiques.

Détails des clauses : la frontière entre revenus passifs interdits et récompenses d’activités

Le projet d’accord Tillis-Alsobrooks repose sur une ligne de démarcation claire : interdire les revenus passifs tout en permettant les récompenses liées à des activités.
Le texte interdit explicitement de percevoir des revenus ou tout « équivalent économique » à des intérêts bancaires simplement en détenant des stablecoins.
Cette interdiction concerne non seulement les émetteurs, mais aussi les fournisseurs de services d’actifs numériques et leurs affiliés.
Parallèlement, le projet conserve une voie pour les récompenses d’activités.
Les récompenses liées à la fidélité, aux promotions, aux abonnements, aux transactions, aux paiements ou à l’utilisation de plateformes, tant qu’elles ne constituent pas une « équivalence économique » à un dépôt bancaire, peuvent continuer.
Le projet prévoit également que la SEC, la CFTC et le Trésor élaboreront conjointement, dans les 12 mois suivant l’adoption, des règles précises pour définir ces récompenses.
Sur le plan de l’application, il est prévu de donner aux trois agences la capacité de poursuivre en cas de contournement, avec une amende civile pouvant atteindre 500 000 dollars par jour.
Cette distinction, bien que conceptuellement claire, laisse une marge d’interprétation quant à ce qui constitue une « équivalence économique », ouvrant la voie à des controverses réglementaires futures.
La question centrale sera de définir, dans la pratique, si une récompense remplit la fonction d’un dépôt bancaire, ce qui restera un enjeu clé pour la conformité.

Panorama des conflits sectoriels : Coinbase contre la pression bancaire

Le débat sur la clause sur les revenus a opposé deux camps : l’industrie cryptographique et le secteur bancaire.
Les divergences internes à la cryptosphère sont également notables.
Coinbase, principal opposant, a officiellement retiré son soutien au nouveau projet de loi le 26 mars 2026, invoquant la perte d’une source majeure de revenus.
Selon des sources, si la clause supprimait totalement les revenus des stablecoins, Coinbase pourrait perdre environ 800 millions de dollars par an, ce qui remettrait en cause son modèle financier basé sur l’accord avec Circle pour la distribution de USDC.
Cependant, tous les acteurs cryptographiques ne partagent pas cette position.
Certains estiment qu’il vaut mieux accepter un compromis pour assurer la survie de la législation plutôt que de la faire échouer sur la question des revenus.
Des réunions téléphoniques sectorielles ont révélé des divergences évidentes sur la stratégie à adopter.

Du côté bancaire, la pression est également forte.
L’Independent Community Bankers of America (ICBA) a averti que la mise en place de revenus sur stablecoins pourrait entraîner la perte de 1,3 trillion de dollars de dépôts et une baisse de 850 milliards de dollars de prêts.
Mais le rapport du Conseil économique de la Maison Blanche, publié à la mi-avril, donne une perspective différente : la proposition de bannir les revenus des stablecoins ne permettrait d’augmenter que de 2,1 milliards de dollars les prêts bancaires, soit une hausse insignifiante de 0,02 %, avec un coût net d’environ 800 millions de dollars.
Le rapport souligne que, même dans le scénario le plus extrême (une croissance du marché des stablecoins par un facteur six), les prêts des banques communautaires n’augmenteraient que de 6,7 %.
Ces chiffres remettent en question la gravité des arguments bancaires.
Adam Minehardt, responsable des marchés de capitaux chez Chainlink, a déclaré dans une interview que les institutions traditionnelles font tout leur possible pour empêcher toute offre de revenus dans la cryptosphère, motivées davantage par la pression concurrentielle que par la crainte d’une fuite massive de dépôts.
La déclaration de la Maison Blanche du 19 avril a repositionné le débat, passant d’un enjeu de stabilité financière à une question de « protection des intérêts acquis contre l’innovation », une reformulation qui a une portée politique significative.

Analyse macro : la valeur de marché et la compétition pour les dépôts

L’évolution de la taille du marché des stablecoins fournit un contexte macro essentiel.
Au début 2026, la capitalisation totale des stablecoins s’élevait à environ 305 milliards de dollars, ayant plus que sextuplé depuis 2021, où elle était inférieure à 50 milliards.
Au premier trimestre 2026, cette valeur a atteint environ 315 milliards, représentant environ 10,19 % de la capitalisation totale des cryptomonnaies, en maintien depuis trois mois au-dessus de 300 milliards.
Les modèles d’estimation des pertes de dépôts diffèrent, alimentant le débat entre banques et cryptos.
L’ICBA estime qu’une fuite de 1,3 trillion de dollars de dépôts pourrait se produire, avec une perte de 850 milliards de dollars de capacité de prêt.
Le PDG de Bank of America, Brian Moynihan, a précédemment averti que 6 trillions de dollars de dépôts pourraient migrer vers des produits liés aux stablecoins.
En revanche, la banque Standard Chartered prévoit une sortie de 500 milliards de dollars d’ici fin 2028, fortement corrélée à la diffusion des stablecoins.
J.P. Morgan, dans ses prévisions, anticipe une perte de 3 à 5 % des dépôts principaux des banques américaines dans cinq ans, avec une croissance du marché des stablecoins pouvant atteindre 8 000 milliards à 11 500 milliards de dollars.
Ces écarts de chiffres illustrent une réalité : si la crainte d’un effondrement systémique n’est pas totalement infondée, la dramatisation de cette menace ne correspond pas aux données disponibles.
Abhi Srivastava, vice-président de la division actifs numériques chez Moody’s, offre une analyse équilibrée : la capacité du système de paiement américain actuel, combinée à la loi GENIUS, limite à court terme la substitution massive des dépôts par les stablecoins, mais à mesure que leur valeur dépasse 300 milliards de dollars, la pression concurrentielle à long terme devient indéniable.

La question des revenus : protection de la stabilité financière ou des banques ?

Le discours dominant dans le secteur bancaire présente les stablecoins à revenus comme une source de risque systémique — non régulés, susceptibles de provoquer une migration massive de dépôts, fragilisant la stabilité financière.
Premièrement, la logique de l’échelle ne tient pas.
Le rapport de la CEA, basé sur des données réglementaires, estime un impact de 0,02 % sur les prêts, bien en deçà des milliards de dollars d’impact initialement évoqués par le secteur bancaire.
Même dans le scénario extrême, l’impact reste marginal.
Deuxièmement, la asymétrie des motivations.
Le secteur bancaire amplifie la question des revenus des stablecoins parce qu’elle touche au cœur de leur avantage concurrentiel : la faible coût des dépôts.
Dans le contexte actuel de taux d’intérêt de la Fed, de nombreux comptes bancaires versent des intérêts bien inférieurs au rendement du marché, tandis que les stablecoins rémunérés (via USDC) redistribuent une partie des intérêts sur les obligations d’État en réserve.
L’opposition bancaire vise essentiellement à renforcer le bastion des dépôts à faible coût.
Troisièmement, l’analyse de Moody’s offre une perspective structurelle importante : dans le cadre actuel de la loi GENIUS, les émetteurs de stablecoins ne peuvent pas verser directement des revenus, et l’infrastructure de paiement nationale est déjà très développée, limitant la substitution des dépôts par les stablecoins.
Le vrai risque à long terme réside dans l’expansion continue de l’écosystème financier décentralisé, où davantage d’actifs en stablecoin s’accumulent sur la chaîne plutôt que dans les banques, érodant ainsi la base de création de crédit bancaire.
Il s’agit d’un processus lent et structurel, non d’un effondrement brutal tel que le dépeignent certains discours alarmistes.
Par conséquent, le récit selon lequel la « protection de la stabilité financière » justifie la prohibition des revenus ne correspond pas à la réalité des politiques, qui visent plutôt à instaurer une barrière réglementaire entre cryptomonnaies et banques.

Analyse sectorielle : qui profite, qui pâtit ?

Si la version actuelle du projet de loi CLARITY sur la clause sur les revenus est adoptée, cela entraînera une redistribution claire des positions dans le secteur.
Pour Circle et les infrastructures réglementées de stablecoins, l’impact est ambivalent.
D’un côté, la prohibition des revenus passifs limite leur capacité à transmettre aux utilisateurs les revenus de réserve, ce qui pourrait réduire l’attractivité de leurs produits à court terme.
En 2024, Circle a généré 1,676 milliard de dollars de revenus, dont 95 à 99 % proviennent des intérêts sur les réserves.
Toute restriction sur la transmission de ces revenus touchera directement leur modèle de profit principal.
D’un autre côté, l’analyse de 10x Research indique que l’intégration profonde des stablecoins dans le paiement, sous un cadre réglementaire clair, pourrait en fait profiter à des acteurs comme Circle, en leur conférant une position plus solide pour faire adopter USDC comme outil de règlement.
Pour Coinbase, qui opère à la fois dans le trading et la distribution de stablecoins, l’impact principal concerne les revenus.
Les revenus liés aux stablecoins représentent environ 20 % du chiffre d’affaires total, et la prohibition pourrait réduire ces revenus d’environ 800 millions de dollars par an.
Cependant, la possibilité de conserver une voie pour les récompenses d’activités — par exemple, en utilisant USDC pour des récompenses liées à des transactions ou à l’utilisation de la plateforme — offre une alternative pour maintenir une certaine conformité.
Pour l’écosystème DeFi, Markus Thielen de 10x Research estime que la loi pourrait « recentraliser » les revenus dans les banques, les fonds monétaires et les produits réglementés, ce qui constitue un revers pour la décentralisation.
Les protocoles DeFi basés sur des revenus de solde inactif devront probablement se réorganiser, et la législation pourrait également influencer l’interface utilisateur et l’économie des tokens, créant des contraintes indirectes pour les DEX et les protocoles de prêt.
Pour la banque traditionnelle, à court terme, la victoire politique semble acquise : interdire les revenus passifs élimine l’avantage concurrentiel direct des stablecoins en matière de taux d’intérêt.
Mais à plus long terme, la légalisation des stablecoins ouvre une voie institutionnelle pour l’entrée de nouveaux acteurs non bancaires dans le système de paiement en dollars.
Fidelity a lancé son propre stablecoin FIDD, et Goldman Sachs ainsi que des dirigeants de Bank of America ont évoqué le développement de solutions de tokens et stablecoins.
Les banques ne sont donc pas seulement des opposants, mais aussi des acteurs et concurrents potentiels dans l’écosystème stablecoin.
La « victoire » sur la prohibition des revenus pourrait donc être de courte durée, plus que ce que le marché anticipe.

Conclusion

Le débat sur la clause sur les revenus dans le projet CLARITY, qui semble d’abord une simple concession technique entre « interdiction des revenus passifs » et « autorisation des récompenses d’activités », reflète en réalité une profonde réorganisation des équilibres de pouvoir dans le système financier américain à l’ère du dollar numérique.
Les banques cherchent à renforcer leur position en légiférant, en protégeant leur activité de dépôts traditionnels, tandis que l’industrie cryptographique vise à légitimer les stablecoins et à établir un modèle commercial durable.
L’intervention de la Maison Blanche élève cette confrontation au rang de stratégie nationale pour les actifs numériques.
Indépendamment de l’ouverture ou de la fermeture de la fenêtre législative en mai, une tendance irréversible se dessine : les stablecoins ne sont plus de simples outils marginaux dans le monde crypto, mais des équivalents du dollar soumis à un cadre réglementaire clair.
Le texte final sur les revenus déterminera la capacité des stablecoins à créer de la valeur pour les utilisateurs à court terme, mais leur intégration dans le système financier américain est désormais une réalité irréversible.
Pour les acteurs du marché, l’enjeu ne réside pas tant dans la victoire ou la défaite sur la clause, mais dans la vision à long terme : après la clarification réglementaire, l’émergence d’infrastructures institutionnelles, de réseaux de paiement on-chain et d’applications financières conformes constituera le véritable paysage à surveiller.

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