WSJ : Trump envisage une escalade contre la guerre en Iran : prendre l’île de Kharg, bombarder des installations nucléaires, et étendre les frappes aériennes—tout est sur la table

Selon le rapport du Wall Street Journal, Trump discute depuis peu, dans la salle de guerre, de l’escalade des opérations militaires contre l’Iran de manière intensive. Même s’il continue d’affirmer vouloir régler la situation par la diplomatie, l’Iran n’a toujours pas remis les stocks de matières nucléaires, et si l’impasse devait encore s’aggraver, elle pourrait faire entrer les combats des près de 5 mois dans leur phase la plus dangereuse.
(Rappel : pas seulement le blocus de Hormuz ! Trump prépare des discussions sur une « offensive à plus grande échelle » et promet de viser les centrales électriques iraniennes et les ponts la semaine prochaine)
(Informations de contexte : Trump reconnaît que la riposte iranienne a dépassé les attentes « laissant entendre qu’il pourrait frapper l’île de Khark » ; l’Europe refuse d’escorter, l’« Alliance de Hormuz » se fissonne)

Table des matières

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  • Pourquoi viser l’île de Khark ? On touche la principale artère économique de l’Iran
  • Trois cartes dans la salle de guerre : prendre l’île, bombarder la montagne, forces terrestres
  • Crie au combat tout en criant au dialogue : la double stratégie de Trump

Les frappes continues de l’armée américaine contre l’Iran, cette semaine, en sont déjà à leur 5e jour. Les deux camps se livrent une lutte acharnée pour le contrôle du détroit de Hormuz. Au moment où les combats s’éternisent, le 15, le Wall Street Journal cite des responsables américains affirmant que l’attitude de Trump devient nettement plus dure : il ne se contente plus de mettre la diplomatie sur toutes les lèvres, mais étale sur la table un ensemble complet de plans d’escalade.

Le Wall Street Journal avertit que si Trump signe et donne son feu vert, cette guerre qui dure depuis près de 5 mois sera propulsée vers le moment le plus périlleux depuis le début du conflit, et entraînera aussi les États-Unis plus profondément dans le chaos du Moyen-Orient, qui ne fait que s’étendre. Les réactions en chaîne sont faciles à prévoir : une montée en puissance générale des combats au Moyen-Orient, avec une hausse parallèle du prix du pétrole et des anticipations d’inflation ; les actifs risqués à l’échelle mondiale subiront forcément une pression, tandis que les sentiments de recherche de valeur refuge vont s’intensifier.

Pourquoi viser l’île de Khark ? On touche la principale artère économique de l’Iran

Trump dirige sa cible vers l’île de Khark et le détroit de Hormuz. L’île de Khark est le principal nœud d’exportation de pétrole brut en Iran : presque tout le pétrole du pays y est chargé sur des navires pour être expédié ; quant au détroit de Hormuz, il constitue la voie vitale d’environ un cinquième du transport mondial de pétrole.

Autrement dit, si l’armée américaine s’empare de ces deux endroits, elle coupe d’une main la veine financière de Téhéran, et de l’autre, elle actionne le grand commutateur du pétrole mondial. C’est aussi ce qui explique pourquoi l’armée américaine a d’abord neutralisé les pétroliers à destination de Khark : l’objectif n’est pas seulement militaire, mais aussi de réduire la capacité économique de l’Iran à tenir sur la durée.

Trois cartes dans la salle de guerre : prendre l’île, bombarder la montagne, forces terrestres

Le Wall Street Journal décrit que le 14 tard dans la nuit, Trump a personnellement pris place dans la salle de guerre. Il était entouré de conseillers plus faucons, dont le vice-président Vance, le secrétaire à la Défense Hesses, le secrétaire d’État Rubio et le président du Comité des chefs d’état-major interarmées Kane, qui ont passé en revue, un à un, les cartes pour faire monter la pression sur Téhéran.

Les options sur la table sont chacune plus dures que la précédente : déployer des forces terrestres pour s’emparer de l’île de Khark et de points d’appui le long du littoral du détroit de Hormuz, bombarder un groupe de tunnels dans la montagne d’Hrod, voire élargir le rayon des frappes aériennes aux installations énergétiques à l’intérieur même du territoire iranien. Parmi elles, la montagne d’Hrod est particulièrement citée comme point sensible : cet endroit lié au programme nucléaire n’a jusqu’ici jamais été touché par l’armée américaine ; une fois l’action lancée, ce serait comme frapper directement au cœur des activités nucléaires secrètes de l’Iran.

Crie au combat tout en criant au dialogue : la double stratégie de Trump

Après de multiples semaines de frappes de la part des États-Unis, les deux camps avaient temporairement réussi à conclure un accord de paix préliminaire, mais l’Iran a refusé de lâcher ses stocks de matières nucléaires et a obstinément refusé d’accepter les conditions proposées par Trump. Les négociations étant bloquées, il a fallu le contraindre à revenir en arrière et à faire présenter par ses conseillers un nouveau scénario d’escalade, afin de forcer l’Iran à céder, ou au moins d’obtenir un engagement du type : « ne plus attaquer les navires marchands dans le détroit ».

Cependant, prendre au pied de la lettre toutes les menaces de Trump pourrait aussi conduire à une mauvaise lecture. Par le passé, il a souvent lancé des avertissements lourds et retentissants, puis les a ensuite retirés discrètement : de l’annonce de la prise de l’île jusqu’à la prise en main de l’industrie pétrolière iranienne, il a changé de position à plusieurs reprises. Plusieurs responsables américains ont aussi admis qu’en réalité, il n’était pas vraiment disposé à envoyer des forces terrestres sur le champ de bataille. Dans ce contexte, cette série de déclarations fracassantes pourrait elle-même n’être qu’un atout de négociation, une méthode de pression visant à ramener l’Iran sur la table des discussions.

Trump n’a pas encore tranché la suite de manière définitive, mais pour l’instant, chacune des options étalées sur la table de la salle de guerre pourrait suffire à redessiner la direction de cette guerre.

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